samedi 8 mai 2010

Sur les traces des zouaves pontificaux




Dans les colonnes d'Aventures de l'histoire, l'historien Louis-Christian Gautier avait consacré un excellent papier à la visite en Italie d'une association de descendants de zouaves pontificaux. Un article à relire après celui consacré à Garibaldi.

Le terme de « zouave » n’est pas a priori très valorisant : « faire le zouave ». Il appartient au répertoire d’injures du capitaine Haddock, comme « Bachi-bouzouks ». Quant aux Tirailleurs, ils ne disent que « Ouave ». Motif allégué : « On n’a pas de liaisons avec ces gens-là ». La raison profonde est peut-être qu’ils en sont issus.

La tribu des Zwawa, installée dans l’Est algérien, fournissant des soldats à l’empire turc, passa tout naturellement à partir de la conquête de 1830 au service de la France. Ces troupes indigènes furent alors commandées par le général de La Moricière (improprement orthographié Lamoricière, même chez Larousse). Si bien que lorsque celui-ci, revenu au catholicisme militant après avoir professé des opinions républicaines incompatibles avec le service de Napoléon III, eut à réorganiser l’armée du pape Pie IX, il créa un corps de « zouaves Pontificaux ». Ceux-ci étaient vêtus à l’orientale (voir dessin à la page 68), ce qui fera dire à certains cardinaux italiens que c’était bien là une idée de Français d’habiller les soldats du Pape en Musulmans. Ces zouaves Pontificaux (Z.P.) ne furent officiellement créés que le 1er janvier 1861, mais le mot, devenu « médiatique », a fini par désigner tout aussi bien les volontaires étrangers de 1860, que les anciens zouaves français qui se mettront au service du gouvernement de la Défense Nationale en 1870.

Tombeau du général La Moricière à Nantes.

Leur aventure, parfois désignée sous le nom de « IXe croisade », doit être replacée dans le contexte de l’histoire de l’unité italienne.

État nation contre Patrimoine de Saint Pierre

A la fin du XVIIIe siècle et au début du suivant, la France exporta ses idéaux révolutionnaires à la pointe des baïonnettes, en particulier dans la péninsule, où fut même créé un éphémère royaume d’Italie, dont Napoléon Bonaparte était le souverain.

Le congrès de Vienne consacra en 1815 la restauration des anciennes monarchies, l’Italie restant « une expression géographique » pour le chancelier d’Autriche Metternich. Coupant en deux la botte italienne, les états de l’Eglise, constitués des Marches, de l’Ombrie et du Latium, s’étendaient de l’Adriatique à la mer Tyrrhénienne.

Au sud des Alpes, le royaume de Piémont va jouer le même rôle que celui de Prusse dans l’unité allemande, et presque simultanément. Car les idées nationales-libérales ont poursuivi leur chemin, souvent de manière souterraine, par le biais des sociétés secrètes, dont la Carbonara, à laquelle était affilié dans sa jeunesse tumultueuse le prince Louis-Napoléon, futur empereur Napoléon III.

Ces idées vont réapparaître au grand jour lors des révolutions de 1848, qui embraseront la plupart des grandes villes d’Europe. Dans ce contexte, le pape Pie IX appela au ministère un laïc, le comte Rossi, libéral modéré partisan d’un régime constitutionnel à la française. La réaction ne fut pas celle espérée par le Souverain Pontife : Rossi était assassiné dès le 15 novembre, et les éléments révolutionnaires déclenchaient une émeute à Rome qui amena le Pape à se réfugier à Gaëte, auprès du roi de Naples.

Louis-Napoléon, qui n’était alors que Prince-Président, se trouvait – et se trouvera jusqu’à la fin de l’Empire – dans une position inconfortable : pris entre ses engagements de jeunesse (que l’attentat d’Orsini lui rappellera) et la fraction libérale de son opinion publique d’une part, et d’autre part les catholiques, qui constituaient encore un important groupe de pression, avec en particulier sa propre épouse qui le menaça même de s’installer à Rome s’il refusait d’en assurer la défense.

Ne pouvant aboutir par voie de négociation, il envoya en 1849 un petit corps expéditionnaire commandé par le général Oudinot, qui après deux mois de siège reprenait Rome à des forces numériquement six fois supérieures.

Pie IX rétabli dans ses droits, une partie de ces troupes resta sur place. Mais le problème, lui, restait posé.

L’armée du pape

Au début de 1860, les états pontificaux sont au contact du royaume du Piémont par leur frontière Nord. Le roi Victor-Emmanuel II mène dans ses états une politique de laïcisation, qui tourne vite à l’anticléricalisme sous la pression des radicaux tels Mazzini et Garibaldi. Celui-ci est utilisé comme « brise-glace » par le gouvernement piémontais : avec ses « chemises rouges », préfigurant les Brigades internationales de la guerre d’Espagne, il se livre à des coups de force qui n’engagent pas directement Victor-Emmanuel, lequel peut ainsi se poser en pacificateur et intervenir pour rétablir l’ordre, l’état de fait étant ensuite sanctionné par des consultations populaires.

Dans le courant de l’année 1860, Garibaldi débarque en Sicile puis à Naples, dont le souverain se réfugie à son tour à Gaëte. Désormais les états de l’Eglise sont pris en tenaille. Cette situation, faisant suite aux événements de 1848, amène le Saint-Siège à conclure qu’il ne peut plus se contenter d’une petite armée de parade s’il veut survivre en tant qu’état.

C’est alors qu’entre en scène un jeune prélat pas comme les autres : Xavier de Mérode, appartenant à une grande famille de Belgique où il a servi comme sous-lieutenant. Avide d’action, il s’engage à titre étranger dans l’armée française avec laquelle il participe à la conquête de l’Algérie, obtenant la Légion d’honneur. Son entrée dans les ordres en 1847 ne le transforme pas en agneau bêlant, et devenu camérier secret du Pape, il va faire appel au général de La Moricière, qu’il a apprécié dans le bled, pour réorganiser la minuscule et peu valeureuse armée pontificale.

Depuis près d’un siècle celle-ci n’avait pas connu le feu, et le cardinal Antonelli, qui cumulait les fonctions de secrétaire d’état et de ministre des Armes, n’ayant aucun goût pour la chose militaire comptait sur les puissances catholiques pour assurer la sécurité du Patrimoine de Saint-Pierre. Les relations entre ce prélat italien, qui n’était même pas prêtre, et le bouillant ex-officier belge seront pour le moins tendues, surtout lorsque ce dernier obtiendra le poste de ministre des Armes. De Mérode répliquera même un jour au secrétaire d’état : « Je vous réponds par mon nom, mais sans le “ o ” » !

Le gouvernement pontifical se refusait à établir la conscription « mesure révolutionnaire », et les sujets du Pape manifestaient peu d’enthousiasme pour la carrière des armes – et sans doute la tournure des événements leur laissait-elle présager qu’ils risquaient de se retrouver dans le camp des vaincus. On fit donc appel à des volontaires étrangers, recrutés parmi les catholiques fervents décidés à lutter pour le Saint-Siège. Les Irlandais formèrent le bataillon de Saint-Patrick, les Autrichiens en fournirent cinq de Bersaglieri. Les Belges et les Français allaient constituer le bataillon des Tirailleurs franco-belges commandé par le vicomte de Becdelièvre, ex-capitaine de l’armée française, qui ayant servi au corps d’occupation à Rome nourrissait peu d’illusions quant au rapport des forces.

Ces tirailleurs étaient habillés comme les chasseurs à pied de l’armée impériale, et leur chef s’efforça de leur imposer une discipline aussi rigoureuse que possible ; ce qui n’alla pas sans incidents, ainsi lorsque Henry de Cathelineau, petit-fils du premier généralissime de l’armée vendéenne, arriva avec ses « croisés » ou « chevaliers de Saint-Pierre », derrière un drapeau particulier et en tenue originale. Un autre grand nom des guerres de l’ouest était représenté : avec le capitaine Athanase de Charrette, c’est en tout cinq petits-neveux du général vendéen qui vinrent poursuivre le combat pour Dieu et le roi dans les rangs de l’armée pontificale. Car dans la France de l’époque, catholicisme rimait généralement avec légitimisme.

C’est avec l’engagement du bataillon franco-belge que commença le jamboree des zouaves pontificaux de 2002.

Une longue mémoire

Dans certaines familles, la fidélité est une seconde nature : après les combats, les survivants des zouaves pontificaux se sont périodiquement retrouvés, souvent à la Basse-Motte en Ile-et-Vilaine, dans la propriété d’Athanase de Charrette devenu général. On y entretenait le « mythe des zouaves », mêlant souvenirs de guerre et militantisme royaliste. Un bulletin était régulièrement publié, intitulé l’Avant-garde.

Les descendants des zouaves, renforcés par des sympathisants, ont repris aujourd’hui la publication de l’Avant-garde, organe de l’Association des Descendants des zouaves Pontificaux et des volontaires de l’ouest (ADZPVO). Et pour faire revivre le souvenir de ces soldats oubliés du grand public, organisé du 1er au 6 avril 2002 un « Jamboree des zouaves pontificaux ».

Celui-ci a rassemblé sur les champs de bataille d’Italie une grosse centaine de participants (dont des Belges), répartis pour moitié entre l’ADZPVO derrière son président, le colonel (ER) Eric du Réau de la Gaignonnière, dont la famille a donné au pape trois officiers, et son vice-président Guy de Bellecour-Montfort, arrière petit-fils d’Henry de Cathelineau. La deuxième moitié étant constituée par les scouts, routiers et « spahis » du village d’enfants de Riaumont dans le Pas-de-Calais, amenés par le jeune prieur de la Sainte-Croix, le père Alain Hocquewiller, et leur aumônier général le père Argouarc’h. Pour l’Italie, le comte Masetti Zannini suivit discrètement mais fidèlement l’intégralité du pèlerinage.

Les scouts de Riaumont, fidèles au souvenir des zouaves.

Selon l’âge et l’état de santé, on couchait sous la tente ou dans des établissements religieux, tous les participants se retrouvant sur les lieux de mémoire des zouaves que constituent Castelfidardo, Monte Rotondo, Mentana et Rome, dans un harmonieux mélange de cérémonies du souvenir, d’histoire militaire et de convivialité.

Castelfidardo (1860)

Partis de la place de l’Etoile à Paris peu après minuit, les deux cars de pèlerins arrivaient au soir du 1er avril en vue du dôme illuminé de Lorette. Ceux qui couchaient « en dur » y restaient, tandis que ceux qui couchaient « à la dure » plantaient leurs tentes sur la hauteur située sur l’autre rive du Musone, lieu mythique : ils allaient dormir sur le sol arrosé par le sang des volontaires franco-belges. Le 2 avril, levés avec le soleil et étendard aux couleurs pontificales en tête, scouts et spahis accompagnés des plus opérationnels des pèlerins, marchaient sur Lorette. Là, depuis la terrasse de la basilique, les autorités de l’association leur faisaient faire un tour d’horizon du champ de bataille de Castelfidardo. Après avoir été rapprochés de l’objectif en véhicules, ceux qui étaient venus pour marcher sur les traces des soldats du pape débarquaient et se formaient en colonne. En tête, le jeune porte-étendard Albert Rautureau, au nom si typiquement vendéen, suivi du tambour Bernard Gautier :

En avant, marchons, en avant marchons !

Zouaves du pape à l’avant-garde.
En avant marchons, en avant, marchons !
Le pape nous regarde.
En avant, bataillon…


Et la troupe s’ébranla, sur le chemin suivi cent quarante-deux ans plus tôt par les ancêtres de plusieurs de ses membres. La côte était dure et le soleil tapait fort, mais les roulements du tambour auraient fait marcher un mort. On atteignit justement l’ossuaire, sur une terrasse face à la mer. Une colonne tronquée, surmontée d’une croix depuis 1956 seulement (à l’origine, le climat anticlérical avait fait bannir tout symbole religieux), est entourée de douze obélisques portant les noms des seuls combattants piémontais, tombés là le 18 septembre 1860. Y figurent de nombreux officiers subalternes, ce qui amène à réviser certains clichés sur l’armée italienne. Une surprise attendait les pèlerins en ce lieu : un homme strictement vêtu, accompagné de son jeune fils, tenait une sorte de loque jaune et blanche, en partie déchirée. C’était les descendants de zouaves pontificaux italiens, venus avec le drapeau qui avait flotté sur le champ de bataille de Mentana.

Un autre jeune italien devait les rejoindre, cette fois avec un drapeau national, qui allait s’ajouter à celui de l’association, à la bannière de la commune de Castelfidardo, à l’étendard des scouts frappé de la croix potencée, et à celui des spahis portant un sanglier surmonté d’un glaive.
L’abbé Jehan de Durat, aumônier de l’association, et lui même descendant de zouave, pouvait alors célébrer la messe à la mémoire de tous les combattants tombés en ce lieu, et dont les ossements reposaient sous les pieds des pèlerins.

L’après-midi était consacrée à la cérémonie laïque, où le maire de Castelfidardo et le président du Réau déposaient ensemble un bouquet de fleurs sauvages cueillies sur place. L’élu témoigna de son émotion devant un tel exemple de fidélité à la mémoire, et promit que la restauration du site serait entreprise par sa commune.

Puis l’on se rendit à la ferme voisine pour écouter l’exposé de Paolini Eugenio qui allait évoquer le combat : l’armée piémontaise, forte de 60 000 hommes, avait envahi les Marches et occupé les hauteurs de Castelfidardo ; les quelque 10 000 soldats pontificaux regroupés à Lorette voulaient rejoindre le port d’Ancône, dans l’espoir d’un secours de la flotte autrichienne. Ils devaient suivre le littoral vers le nord, et le général de Pimodan avec le bataillon franco-belge qui comptait 450 Chasseurs, était chargé de couvrir le mouvement face à l’ouest. Cette troupe, arrivée la veille à Lorette, avait parcouru trois cents kilomètres en cinq jours, lourdement chargée.

A l’aube du 18 septembre, après avoir entendu la messe, le bataillon franchit le fleuve côtier et entreprend de gravir les pentes en direction de Crocette. Il doit occuper deux fermes : la « Sainte maison d’en bas », où avait lieu l’exposé, et la « Sainte maison d’en haut », auprès de laquelle se trouvait le bivouac actuel. Le bataillon se heurte alors au feu de Bersaglieri piémontais dissimulés dans la végétation, sans que ceux-ci puissent l’empêcher de prendre la première ferme. Les Franco-Belges se lancent ensuite à l’attaque de la seconde, dont les séparent cinq cents mètres de forte pente dénudée. C’est un échec sanglant. Les volontaires se regroupent, mettent baïonnette au canon, et repartent à l’assaut, enlevant l’objectif.

Sur celui-ci ils sont écrasés par les tirs de la puissante artillerie ennemie, puis submergés par le nombre. Par deux fois le général de Pimodan tombe de son cheval, blessé. Par deux fois il se fait remettre en selle, avant d’être mortellement touché. Il mourra dans la villa Ferretti voisine. Le bataillon franco-belge, qui a perdu les deux tiers de son effectif, peut être considéré comme anéanti. Mais pendant ce temps, le gros des forces pontificales, avec le général La Moricière, a pu rejoindre Ancône. La mission est remplie.

Entracte (1860-1867)

Après Castelfidardo, Ancône était tombée, et le Patrimoine de Saint-Pierre se trouvait réduit au Latium. Mais les partisans de l’unité italienne ne comptaient pas s’arrêter là : ils voulaient en finir avec la « question romaine », et installer la capitale du nouvel état dans la Ville Eternelle.
N’y bénéficiant pas d’un large soutien populaire, ils menèrent une politique de terrorisme, jalonnée par des attentats contre des volontaires isolés et culminant par la destruction grâce à une mine de la caserne Serristori sous les ruines de laquelle furent ensevelis deux douzaines de jeunes zouaves appartenant à la musique. Parallèlement, des actions de propagande étaient menées, visant à présenter les défenseurs du Saint-Siège sous un jour peu favorable, et à exciter contre eux les sentiments xénophobes des Italiens. Ainsi un général piémontais avait déclaré à ses troupes avant Castelfidardo :

« Je vous conduis contre une bande d’ivrognes étrangers que la soif de l’or et la passion du pillage ont attirés dans notre pays ».
C’est un autre son de cloche que donnent les lettres des volontaires, telle celle de Rogatien Picou, qui tombera à cette même bataille :
« A Dieu et à son Vicaire, je n’ai à offrir ni fortune, ni naissance, ni talents, ni influence quelconque, je n’ai que mon sang et je le donne ».


Ou celle du breton Jean Rialon :

« Je pars et je suis prêt à faire le sacrifice de ma vie pour la défense du Saint-Père… Priez pour moi et demandez à Dieu que je sois martyr ».


Il sera exaucé à la bataille de Mentana.
Tous n’avaient pas la « chance » de mourir les armes à la main. Outre les attentats, les épidémies feront de terribles ravages : elles sont responsables de plus des trois quarts des décès, proportion d’ailleurs normale dans les armées de l’époque. Ce sera l’occasion d’actes d’abnégation, suscités par une foi religieuse intense : à Albano, où le choléra fait rage, on avait fini par abandonner même les malades, par peur de la contagion. Le lieutenant de Résimont, arrivant avec un détachement de zouaves, va avec son sergent-major de Morin emporter lui-même un cadavre au cimetière, et dit à ses hommes :

« Je vous ai donné l’exemple, ceux qui veulent travailler avec moi restent ici ; ceux qui ne se sentent pas le courage rentrent à la caserne ».


Si les conditions de vie des zouaves sont généralement dures, elles ne sont pas toujours aussi épouvantables : on les utilisera à lutter contre le brigandage dans les montagnes du Latium. Répugnant au début à cette mission de police, la plupart apprécieront finalement la vie de guérillero, y acquérant une expérience utile pour les combats ultérieurs.

Comme nous l’avons dit plus haut, les zouaves ont été officiellement créés le
1er janvier 1861 sous le commandement de La Moricière pourvu du grade de lieutenant-colonel, avec pour commandant en second le capitaine de Charrette. Leur effectif dépassera le chiffre de 3 000 hommes à la chute des états pontificaux, mais c’est au total près de 10 000 volontaires qui s’y succéderont en dix ans. On y trouvait représenté vingt-cinq nationalités, dont un Turc ! Les plus nombreux étaient les Néerlandais, qui fournissaient le gros de la troupe, tandis que les Français, pour la plupart d’origine noble et anciens officiers, constituaient l’essentiel de l’encadrement. Les départements les plus grands fournisseurs en pourcentage étaient la Loire-Inférieure, l’Ille-et Vilaine, les Côtes-du-Nord, le Morbihan, et enfin le Gard. Ce recrutement français, principalement rural, se trouvait sans doute à majorité aristocratique du fait qu’il était difficile à un paysan ou artisan de priver sa famille de ses bras pour aller participer à un conflit lointain, alors que lors des guerres de l’Ouest on s’était battu sur place, en quelque sorte le fusil d’une main et l’outil de l’autre.

Avis de décès d'un zouave pontifical.

A la suite des événements de 1860, les catholiques s’étaient mobilisés, envoyant non seulement le maximum de volontaires mais participant matériellement à la défense des états du pape par le « denier de Saint-Pierre ».

Car l’étau se resserrait autour de Rome : toujours utilisés comme avant-garde « incontrôlée » de l’unité italienne, les garibaldiens vont tenter d’en finir avec les états pontificaux, franchissant leur frontière à l’automne 1867.

Mgr de Mérode, compte tenu de ses manières peu diplomatiques, avait été remplacé en 1865 comme pro-ministre des armes par le général Kanzler, un allemand du grand-duché de Bade, à peu près à l’époque où La Moricière quittait ses zouaves. Celui-ci ne manquait pas de combativité, et sous ses ordres les zouaves vont donner un brutal coup d’arrêt aux chemises rouges à Montefiascone et Montelibretti.

Les garibaldiens tentent alors de soulever Rome le 22 octobre 1867. Peu soutenus par la population, leurs commandos sont neutralisés par les forces pontificales, en particulier la compagnie du capitaine du Réau. L’holocauste de la caserne Serristori ne changera pas le cours des événements.

Mais c’est à Mentana surtout que va se jouer le sort de la tentative garibaldienne.

Monte-Rotondo et Mentana (1867)

Le 3 avril, après avoir visité le musée Pie IX situé dans sa maison natale d’Ancône, les pèlerins traversaient la botte italienne, les plus rustiques déroulant leur sac de couchage sur le sol d’un établissement accueillant des jeunes, à Mentana, les autres rejoignant l’Institution de Cluny à Rome.

La journée du 4 était consacrée aux combats de Monte-Rotondo et Mentana. La pluie avait succédé au soleil, et la grande banlieue de Rome au paysage bucolique des Marches. Les cars débarquaient les pèlerins encapuchonnés à Monte-Rotondo, devant la porte de l’enceinte, ornée d’une plaque à la gloire de Garibaldi. C’était aussi au matin, également sous une pluie froide, qu’accompagné de ses fils Riccioti et Menotti, le vieil aventurier avait investi la ville défendue par une petite garnison pontificale.

Malgré la disproportion des forces, deux jours de combats acharnés ont été nécessaires pour obtenir la reddition des survivants. La troupe garibaldienne n’était pas à la hauteur de ses chefs : ceux-ci protégeaient les prisonniers tandis que celle-là profanait l’église du bourg.

Alourdi par la pluie et secoué par le vent, l’étendard de l’association était toujours tenu haut et ferme, et suivi par le tambour battant sans cesse, il entraîna la colonne vers Mentana.
En début d’après-midi, elle effectuait l’ascension de la hauteur couronnée par la « maison de Garibaldi ». Les chemises noires se voulant par certains côtés les héritières des rouges, une plaque y a été apposée par l’état fasciste à la gloire de Garibaldi, affirmant que là se trouvait son poste de commandement. Comme l’a rappelé l’accompagnateur italien dont les paroles étaient traduites par l’aumônier de l’association, on sait depuis que c’est une pieuse légende. Mais bien que le bâtiment soit en piteux état, le site qui a échappé à l’envahissement du béton est magnifique, et permet un tour d’horizon du champ de bataille. En face, la citadelle de Mentana.
Contrairement à Castelfidardo, les Pontificaux ne sont pas cette fois en état d’infériorité numérique et matérielle écrasante : 2 913 hommes dont 1 500 zouaves et six pièces d’artillerie, soutenus par les troupes envoyées par Napoléon III, soit en tout environ 5 000 combattants. Les Garibaldiens comptent eux environ 10 000 hommes, mais dont les qualités militaires ne sont pas à la hauteur de la passion antireligieuse. Ces forces ne disposent que de peu de cavalerie et ont pour toute artillerie celle prise à Monte-Rotondo.

En revanche, les nationalistes ont occupé des positions avantageuses sur les hauteurs entourant Mentana. Le 3 novembre, zouaves en tête, l’armée du pape les attaque. A ses troupes qui hésitent devant un feu nourri, Charrette crie : « En avant, zouaves, à la baïonnette. Si vous ne venez pas, j’irai tout seul ! » La réponse ne se fait pas attendre : « Vive Pie IX ! Vive le colonel ! En avant ! » Les garibaldiens sont culbutés et poursuivis de colline en colline. Ils se retranchent dans la citadelle, déclenchant un feu d’enfer sur les soldats du Pape. L’artillerie est mise en batterie sur une hauteur et ébranle les murailles.

Les chassepots à l’œuvre

Le général Kanzler, craignant que la victoire lui échappe, demande aux troupes françaises d’intervenir. Les soldats impériaux, qui rongeaient leur frein, s’élancent armés du tout nouveau fusil Chassepot à chargement par la culasse. L’effet est dévastateur et les garibaldiens refluent vers Monte-Rotondo, leur chef abandonnant Mentana pour échapper à la capture. Ceci permettra à l’ironie française de s’exercer, le qualifiant de héros de montre-ton-dos.
Les révolutionnaires italiens comme leurs homologues français se vengeront avec moins d’humour, en exploitant dans leur propagande la formule imprudemment employée dans son compte-rendu par le commandant des troupes impériales : « les Chassepots ont fait merveille ».
Le 6 novembre 1867, les armées victorieuses ont à Rome un triomphe à l’antique, acclamées par la population en liesse aux cris de « Vive Pie IX, vive la France, vive les zouaves, vive la religion ! »

Les morts de Castelfidardo sont vengés, mais le Patrimoine de Saint-Pierre n’a obtenu que trois ans de sursis.

Au fond du musée Garibaldi de Mentana, visité ensuite par les pèlerins, on voit une vieille photo montrant un détachement de zouaves pontificaux posant sur les marches de la citadelle conquise. Au soir de cette journée, quelques nostalgiques ont refait le même chemin et posé au même endroit autour de la cravate de leur étendard, que son porteur avait pieusement gardé sur lui.

La chute de Rome

Le rapport des forces entre le minuscule Patrimoine de Saint-Pierre et le nouvel état italien qui l’enserre de toutes parts est trop inégal. En 1866, la victoire des Prussiens sur les Autrichiens à Sadowa lui a fait perdre son premier soutien, celle des mêmes sur les Français à Sedan en 1870 le privera du dernier. Les républicains français ont profité de la défaite des armées impériales pour prendre le pouvoir à Paris, leurs homologues italiens vont faire de même à Rome. La dernière troupe française quitte la Ville Eternelle, ainsi Victor-Emmanuel II n’a plus besoin d’agir par Garibaldiens interposés. Il y est poussé par ses radicaux : les cris « à Rome », « à bas la France » et « vive la Prusse » retentissent dans les villes d’Italie.

Mais Rome est encore dans l’œil du cyclone et dans l’euphorie de l’après-concile. On y entend même : « Vive Pie IX roi ! » Cependant des éléments révolutionnaires se sont introduits dans l’Urbs, et le roi d’Italie croit le moment venu d’écrire au Pape une longue lettre où il propose que ses troupes «… s’avancent et occupent les positions qui seront indispensables à la sécurité de votre Sainteté et au maintien de l’ordre ». Pie IX répond brièvement mais fermement.

70 000 hommes des troupes de Victor-Emmanuel font mouvement vers l’état pontifical. Celui-ci ne peut aligner que 13 000 hommes dont 3 000 zouaves, aussi Kanzler se limite-t-il à la défense de la Ville Eternelle.

Le 11 septembre 1870, les hostilités sont ouvertes par le général Bixio, celui qui avait promis en entrant dans Rome « d’y jeter dans le Tibre le Pape et tous les cardinaux ». Attaquées au nord et au sud, les troupes pontificales refluent vers leur capitale conformément aux ordres reçus. Mais à Civita-Castellana, le capitaine de Résimond et ses zouaves résisteront farouchement. Le port de Civita-Veccia capitule.

A Rome, le général Kanzler s’apprête à lutter à un contre dix : «… je suis résolu à résister avec tous les moyens qui sont à ma disposition comme me l’ordonnent le devoir et l’honneur ». Connaissant la valeur des zouaves, il les répartit entre ses quatre secteurs de défense.

Mais le Saint-Père refuse l’effusion de sang : « Nous voulons que la résistance soit suffisamment limitée pour témoigner la réalité d’une agression et rien de plus ». Ses troupes iront au-delà.
A l’aube du 20 septembre, les canons italiens tirent sur Rome, et l’infanterie se met en marche. Les zouaves s’accrochent, en particulier à la Porta Pia qu’ils avaient franchie en vainqueurs trois ans plus tôt. L’artillerie ouvre une brèche et les Bersaglieri royaux donnent l’assaut. Les zouaves Pontificaux résistent avec acharnement, et les pertes s’accumulent de part et d’autre jusqu’à l’arrivée du capitaine de France avec un drapeau blanc : il apporte l’ordre de cesser le combat. Les Italiens en profitent pour franchir la brèche, continuant à tirer et molestant lâchement les volontaires qui ont mis bas les armes. Des scènes semblables se déroulent ailleurs. Les zouaves ont payé cher leur baroud d’honneur.

Conformément aux accords, les volontaires étrangers doivent être rapatriés. Quelques jours plus tard, sur un quai de la gare de Milan, des zouaves attendent le train qui doit les ramener en France. La populace les insulte. C’est alors qu’un major garibaldien, qui avait combattu contre eux à Monte-Libretti, s’avance et dit :

— Ecco i primi soldati del mondo ! Voici les premiers soldats du monde.
La IXe croisade est-elle finie ? Pas pour tous.

Le vendredi 5 avril 2002, les pèlerins de l’association, à l’effectif d’une compagnie, descendaient dans la crypte de l’église Saint-Laurent où repose Pie IX. Auprès de son tombeau, ils entouraient la duchesse d’Anjou et de Ségovie, grand-mère du duc d’Anjou, Louis XX pour ses fidèles. Puis accompagnant celle-ci, appuyée au bras de la plus jeune fille du colonel du Réau, ils se rendaient, étendard et tambour suivis de jeunes de Riaumont en tenue de zouaves en tête, à l’extraordinaire cimetière de Verano. Dans la chapelle restaurée par Pie IX une messe fut dite. Ensuite la colonne se reforma, et passant devant le tombeau de l’épouse d’Athanase de Charrette, rejoignit le « carré des zouaves » où le président de l’association et Mgr Pereira, archevêque, déposaient un bouquet aux couleurs pontificales aux pieds du gisant d’Achille de Ligny.

C’est alors qu’arriva le moment peut-être le plus émouvant du pèlerinage : le recueillement sur la tombe de Paul-Marie Saucet, dont la mort n’avait pas voulu à Castelfidardo mais l’attendait à Rome sous forme d’épidémie. Il avait dix-neuf ans. Sa médaille à la croix de Saint-Pierre était portée par son arrière-petit neveu, Robert Guilbaud. Il avait fait réaliser des images du disparu, comme s’il était mort l’année précédente.

Et quand il sera proche,
Le moment de mourir.
Sans peur et sans reproche,
Les zouaves le verront venir.


Chant des zouaves

Malgré leur peu d’attirance pour un régime républicain et anticlérical, la plupart des zouaves français se mettront dès leur retour au service du gouvernement de la Défense nationale sous le nom de « volontaires de l’Ouest ».

Malgré que Nice sa ville natale ait été cédée à la France, le vieux Garibaldi fera de même. Mais ceci est une autre histoire.


Pour en savoir plus :

ADZPVO, 8, rue Ronsard, 93360 Meudon-la-Forêt (publie l’Avant-garde).

La Dernière Guerre du pape, Jean Guenel, Presses universitaires de Rennes (1998).

Pie IX, pape moderne, Yves Chiron, Clovis (1995).

24 commentaires:

PJ a dit…

bonjour
la tradition familiale voudrait que henry lamballais né à Soudan 44 en 1840 ai été zouave pontifical,comment vérifier?
merci

RAINETTE a dit…

je faisais partie des croisillons et la chanson était :

En avant marchons
En avant marchons
Croisés du Fils à l'avant-garde
En avant bataillon....


Je me souviens de l'air...j'ai 56 ans

Anonyme a dit…

Bonjour PJ,
Je ne sais si vous lirez mon commentaire, mais je peux vous donner quelques renseignements sur votre parent Henri Lamballais. Il n'a jamais été Zouave Pontifical, j'ai vérifié dans la Matricule des Zouaves Pontificaux, mais il a été Volontaire de l'Ouest, pendant la guerre 1870-1871.
Voici ce que j'ai trouvé à son sujet dans la Matricule des Volontaires de l'Ouest :
Matricule 5445 -Henri Lamballais, né à Soudan (Loire-Inférieure) le 12 mai 1840. V.O. le 13 février 1871 - 5/3 (5e compagnie du 3e bataillon). Libéré le 16 mars 1871.
Il n'a donc pas pu prendre part aux combats dans lesquels les V.O. ont été engagés. Désolée de vous décevoir, mais la tradition familiale n'est pas toujours fiable.
MV

Anonyme a dit…

Bonjour,

Une tradition familiale affirme que mon arrière grand-père :
Joseph Marie Samson né le 26 avril 1845 a Plumieux Cotes d'Armor.
Décédé le 26 septembre 1888 a Nantes 44, a fait partie des Zouaves Pontificaux engagés dans La défense du Pape, ma grand-mère m'a montré des insignees lui appartenant et remis par le Pape.

InSemen a dit…

InSemen informe de la parution du tome 1 d'un nouvel ouvrage : "Les soldats du Pape" que vous pouvez découvrir sur le site web d'Insemen-editions.com : http://www.insemen-editions.com/vient-de-para%C3%AEtre/
Après avoir relaté l'histoire de cette épopée, cet ouvrage reprend en seconde partie les notices de 1965 zouaves pontificaux français qui portaient un matricule de 1 à 5000.
Le second tome publiera les notices des matricules 5001 à 11036.

Anonyme a dit…

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Anonyme a dit…

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Anonyme a dit…

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Anonyme a dit…

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My page - overtax
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Anonyme a dit…

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Anonyme a dit…

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Anonyme a dit…

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using the Live journal platform. Do you think this is a good platform to
start with? I would be really thankful if I could ask you
some questions through e-mail so I can learn a bit more prior to getting started.
When you have some free time, please get in touch with me at:
gailpollock@t-online.
de. Bless you

Anonyme a dit…

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Feel free to surf to my web site ... strec

Anonyme a dit…

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if you could write a litte more on this subject? I'd be very thankful if you could elaborate a little bit further. Appreciate it!

Take a look at my homepage :: pakerice

Anonyme a dit…

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I mean, what you say is valuable and everything. But think about if you added
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Terrific blog!

My web-site www.dontstayin.com

Anonyme a dit…

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If you happen to be interested feel free to shoot me an e-mail.

I look forward to hearing from you! Awesome blog by the way!



Also visit my web blog - ipodcow.blog.fc2.com

Anonyme a dit…

Hey! I am about to begin my own blog and was wondering if you
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new to this) I'm referring to "http://www.blogger.com/comment.g?blogID=7435220470370187582&postID=393062597345228772". Exactly how do I go about obtaining one of these for the website I'm
creating? Thanks a lot

my web blog ... info
my page - http://lacortesblog.edublogs.org

Anonyme a dit…

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worked hard on. Any recommendations?

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Anonyme a dit…

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Anonyme a dit…

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Anonyme a dit…

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my weblog stump rotting

Anonyme a dit…

Hi! I know this is kinda off topic but I was wondering if
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I'm using the same blog platform as yours and I'm having trouble finding one?
Thanks a lot!

Here is my blog post: deadlock

Anonyme a dit…

Hello every one, here every person is sharing these kinds of know-how, therefore it's fastidious to read this weblog, and I used to visit this blog daily.

Also visit my page: Sexy Bodybuilder []

Anonyme a dit…

bonjour ,je viens de regarder l article sur les zouaves pontificaux qui est trés bien fait. je suis officier dans la societe des zouaves pontificaux de thuin en belgique . nous participons aux processions religieuses et escortons les reliques et statues des saints ce qui est notre fierte peut on me dire si d autre societes de zouaves pontificaux sont aussi en activitees comme nous le faisons merci . voici le site de notre societe .societe des zouaves pontificaux de thuin.be