dimanche 29 mars 2009

Afghanistan, trop riches pour gagner ?

Un éclaireur de l'armée rhodésienne. Un modèle pour l'Afghanistan ?

La situation en Afghanistan est paradoxale. Les Américains ont appris durant l'occupation soviétique qu'entretenir une guérilla en mesure de combattre l'Armée rouge nécessitait un investissement considérable.

Voir à ce sujet mon article sur le financement par la CIA et les Saoudiens de cette guerre secrète, ici.

Or, à notre connaissance, les rebelles afghans ne bénéficient plus du soutien d'un grande puissance. En dehors de l'aide qu'ils obtiennent des réseaux islamistes dans le monde et de secours qu'ils trouvent dans la zone tribale au Pakistan, leurs ressources sont très limitées.

Selon la théorie militaire et l'expérience, ils ne devraient pas être en mesurer de résister longtemps aux forces occidentales présentes sur place.

Or, ce n'est pas ce que l'on observe. En dépit d'un manque de moyens, non seulement ils tiennent tête aux forces d'occupation, mais ils marquent de points.

Une part de l'explication vient du fait que des hommes prêts à tous les sacrifices bénéficient d'un supériorité réelle dans le cadre des combats rapprochés.

D'un autre côté, les forces professionnelles qui leur sont opposées se battent dans un cadre normé qui laisse peu de place à l'improvisation et elles ont pour principal souci, non de gagner, mais d'éviter les pertes en vies humaines.

En outre, le confort matériel dont elles bénéficient, la lourdeur administrative qui les entrave, rend difficile la lutte antiguérilla. Les récentes tribulations de l'Armée française les illustre parfaitement.

L'histoire nous apprend que pour combattre efficacement une guérilla, il est bon de disposer d'une supériorité matérielle, mais il n'est pas utile qu'elle soit écrasante. Il beaucoup plus important que l'armée soit adaptable et innovante.

Or, il semble que la condition indispensable à cette adaptabilité soit… le manque de moyens !

En d'autres termes, une des raisons de l'impasse en Afghanistan serait la trop grande supériorité matérielle des Occidentaux qui ne les encourage pas à s'adapter.

En 1991, la Rand corporation a publié une très intéressante étude sur les opérations militaires en Rhodésie. Elle mérite d'être lue et relue par tous ceux qui à cœur que nos soldats servent à quelque chose en Afghanistan.

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