mardi 16 octobre 2007

Les celtes côté âme


Aux sources de la mythologue celtique
Philippe Jouet
Yoran Embanner, 444 p., notes, index, 34 e, ISBN 978-2-914855-37-0.

De la même manière que les archéologues tentent de reconstruire des sociétés à partir de traces matérielles, les spécialistes des mythes cherchent à reconstruire l’univers mental de peuples disparus à partir des textes qu’ils nous ont laissés. Le pari de ces chercheurs est que la confrontation de textes issus de peuples appartenant à un même rameau de l’humanité permet de mieux les comprendre en les comparant et de combler les lacunes des différents corpus. Ainsi, Georges Dumézil reconstitué la place de l’Aurore dans la cosmogonie indo-européenne en s’aidant de la théologie romaine et des hymnes védiques. Cette méthode suscite la moquerie des archéologues qui accusent leurs collègues comparatistes de vouloir comprendre le scénario d’un film de Charlot en s’aidant d’une grammaire portugaise et d’un manuel du langage des sourds-muets.
Pourtant, il est évident pour l’auteur qu’il existe un tronc commun aux cultures européennes et notamment celtiques. Pour lui, on ne peut le dissocier de la complexe question des Indo-Européens dont il souligne le haut degré d’unité de leur langue, de leurs traditions et de leurs systèmes religieux tels qu’ils ont pu être reconstruits.
Les Celtes sont le produit de l’évolution de cette base de départ proto-indo-européenne laquelle a non seulement tout naturellement évolué, mais elle a aussi conservé ou repris des caractéristiques archaïques, dont certaines peut-être des peuples absorbés.
Par la force de l’écrit, le celtisme insulaire domine la littérature comparatiste, largement dominée par les travaux d’esprits supérieurs comme ceux de Georges Dumézil, Françoise Leroux ou François Guyonvarc’h. Relus à travers le prisme d’analyse mis en lumière par les études indo-européennes, les textes insulaires confirment les grands schémas trifonctionnels discernés dans les cultures des peuples issus de ce rameau de l’humanité. Mais l’auteur souligne que la tradition orale irlandaise a été couchée par écrit après le début de la christianisation et qu’il faut en tenir compte, notamment en comblant les lacunes dues à une hétérodoxie trop manifeste par des emprunts à des traditions similaires préservées.
Dans un texte dense et que les spécialistes apprécieront dans toute sa richesse, l’auteur analyse les grandes caractéristiques du celtisme insulaire, sa cosmogonie, ses rituels, etc. Une lecture obligée pour tous ceux qui s’intéressent à la matière celtique.
Regrettons l’absence de cartes dans ce volume et un appareil de notes dont l’éditeur s’est bien gardé de faciliter la consultation. Une bibliographie se serait également révélé un atout pour un lecteur désireux d’approfondir son étude de la question. On peut aussi noter que le titre ne reflète pas le contenu de l’ouvrage. Il s’agit d’une étude de la mythologique celtique insulaire, principalement irlandaise, avec très peu de références aux Celtes continentaux et aux données archéologiques.
Dans la même collection et du même auteur, l’éditeur a publié l’Aurore celtique, une réédition revue et augmentée attendue avec impatience par les amoureux de la matière celtique.

2 commentaires:

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