vendredi 23 mai 2008

Einstein la polémique ne meurt pas

Alexandre Moatti a publié Einstein, un siècle contre lui (Odile Jacob, 2007), où il attaque les savants allemands qui qualifient la relativité de « science juive » mais aussi les français qui la qualifie de « science allemande », et à cette occasion l'X, puis férocement ceux qui attribuent la relativité à Poincaré. parmi ses cibles préférées citons à Jules Leveugle (son livre est qualifié de torchon pamphlétaire) et plus durement encore Maurice Allais qui met en question cette théorie.

Face à une assistance d'une trentaine de personnes, le mardi 20 mai, Alexandre Moatti tenu une conférence dans une petite salle parisienne, où il a développé ses thèmes préférés mais avec plus de prudence car il y avait des défenseurs de Poincaré dans la salle. Le conférencier avait notamment eu la désagréable surprise de constater que son grand ennemi, l'infatigable Jules Leveugle, avait distribué un tract à chaque auditeur.

Le voici.

Histoire de ce qui s'est passé en 1905,
année de naissance de la théorie de la relativité


Petite histoire d’un vol à la tire… & mégas conséquences

Le 5 juin 1905, Poincaré fit parvenir à l'Académie des Sciences de Paris un article de 5 pages, dont le point essentiel, écrivit -il, était l'invariance des équations de Maxwell de l'électromagnétisme par ce qu'il appela le "Groupe des Transformations de Lorentz". Cette propriété valide le Principe de relativité qu'il avait énoncé en septembre 1904.par lequel il était postulé que tous les phénomènes physiques sont les mêmes pour un observateur fixe et pour un observateur animé d'un mouvement uniforme. Cet article était largement appuyé sur un mémoire de Lorentz de mai 1904.

Le 5 juin encore, commença à l'Université de Göttingen, le "pôle mondial des mathématiques", un séminaire, dirigé par le mathématicien Hilbert, sur la théorie des électrons, théorie créée par Lorentz. Hilbert était rival de Poincaré pour l'attribution, en octobre, d'un prix qui devait consacrer le plus grand mathématicien vivant. L'Université allemande était alors placée sous le contrôle étroit de Berlin.

Le 6 juin, le ministre français des Affaires étrangères Delcassé, défenseur d'une politique de rapprochement avec la Grande Bretagne, dut quitter le gouvernement en raison d'une crise gravissime survenue entre Berlin et Paris, proche de la guerre, suscitée par cette politique.

D'après le programme du séminaire de Hilbert découvert dans ses archives, celui-ci a écarté de façon délibérée l'étude du mémoire de Lorentz de 1904, du Principe de relativité de Poincaré et son article du 5 juin. Ce dernier était pourtant certainement parvenu à Göttingen vers le 10 juin et lu aussitôt., étant donné l'intérêt constant des mathématiciens de Göttingen pour tous les travaux de Poincaré.

Cette occultation aurait été inévitablement découverte - et jugée - par les brillants étudiants de Hilbert (dont deux futurs prix Nobel , Max von Laue et Max Born) si une recension de l'article de Poincaré du 5 juin avait paru un peu plus tard dans la prestigieuse revue de Physique dirigée par le physicien Planck. Cette revue était lue par tous ceux qui, comme eux, s'intéressaient vivement à la physique. Or, par une seconde occultation délibérée, aucun compte-rendu de ce même article n' a été publié dans cette revue, d'ordinaire tout à fait complète, en particulier pour les travaux de Poincaré en physique.

Cette double occultation ne pouvait être due qu'à la volonté de Hilbert et de Planck, encore renforcée évidemment compris aussitôt l'immense importance. Mais cette précaution, à elle seule, ne pouvait empêcher que ce triomphe n'ait lieu plus tard. Seul un article reproduisant les points essentiels de la découverte de Poincaré paru sans tarder en Allemagne pouvait éviter ce désastre en éclipsant le travail de Poincaré en vertu de la position dominante de la science allemande

Dès le 30 juin, un tel article fut reçu par la revue de Planck sous la signature d'Einstein jeune physicien, auteur de publications dont l'originalité douteuse était connue de Planck. Einstein n'avait jamais rien publié sur des sujets en rapport avec cet article, et Planck était alors en correspondance secrète avec lui : on l'a appris par une révélation inattendue faite en 1952 par un ami d'Einstein qui n'en mesurait sans doute pas l'importance.

Avant la fin de 1905, Planck organisa à Berlin, sur l'article signé Einstein publié dans sa revue le 26 septembre un colloque, "inoubliable" de l'avis des participants. Planck, membre de l'Académie des Sciences de Prusse, conférait ainsi une sorte d'approbation officielle à cet article, protégé de toute discussion d'antériorité par l'occultation de l'article de Poincaré dans sa propre revue

Tous les faits qui viennent d'être cités, et quelques autres, sont relatés en détail et justifiés dans
La relativité, Poincaré et Einstein, Planck, Hilbert, histoire véridique de la théorie de la relativité (l'Harmattan, 2004)

Consulter aussi http://perso.wanadoo.fr/poincare.et.la.relativite.
Pour contacter l'auteur : jules.leveugle@wanadoo.fr

3 commentaires:

Alexandre Moatti a dit…

Merci B. Katz de faire ainsi connaître mes conférences. Je n'ai pas eu de "désagréable surprise" et M. Leveugle n'est pas "mon ennemi". S'il lui plaît de distribuer des feuillets sans rapport avec la conférence, au mépris des convenances élémentaires, grand bien lui fasse. Par ailleurs, je n'observe pas de plus "grande prudence" selon tel ou tel auditoire, pour une conférence que j'ai déjà faite trois fois.
L'histoire de la paternité de la relativité est un sujet que j'évoque assez peu, y compris dans mon ouvrage, plus général (un chapitre sur 21). Les lecteurs de votre blog auront à n'en pas douter une vision très faussée des propos et du débat du 21 mai, mais c'est sans doute intentionnel. A.M.

Anonyme a dit…

M. Moatti, votre attitude est tout simplement sidérante...

L'examen de la table des matières de votre dernier livre “Einstein, un siècle contre lui” en dit long sur votre bonne foi et votre discernement. Je cite:
Les chicanes de paternité
Poincaré, une querelle franco-française et corporatiste
Des “chicanes” sur la paternité de la théorie physique la plus célèbre de l'humanité? En ces temps où il n'est question que de morale, de bonne gouvernance et de transparence, vous esquivez lâchement un débat aussi passionnant que nécessaire, et balayez par le mépris et l'insulte des arguments qui auraient pesé de tout leur poids dans n'importe quel autre situation.

Je pense évidement à la chronologie des publications (l'article de Poincaré est publié nettement AVANT celui d'Einstein), ainsi qu'à l'invention même du “Principe de relativité”, clairement énoncé dans sa forme la plus moderne par Poincaré bien avant Einstein.

M. Moati, avez-vous seulement publié quelque chose de scientifique? En tout cas, rien de vous sur aucun des sites web de publication (Cern, arXiv, google Scholars, etc.)

Vous sauriez alors que, sauf tricherie, la paternité ou la co-paternité chronologique est sytématiquement accordée.

Sur les autre questions: plagiat, occultation, etc., chacun est libre de se faire une opinion. Mais il est une fois de plus incroyable que vous déclariez irrecevable toute analyse géo-politique de cette controverse, moins de 10 ans avant le début du 1er conflit mondial.

Vos propos ne font honneur ni à la science, ni à vous-même.

F. Larere

Anonyme a dit…

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