Un de nos visiteurs a été étonné que l'on vante les mérites de Mgr Fulton Sheen en le présentant comme le premier téléprédicateur catholique.
Il nous a rappelé le cas du père Mariano, un capucin né à Turin en 1906 et décédé à Rome en 1972. De 1955 à sa mort, il a dirigé le programme « le Courrier de padre Mariano » à la télévision italienne avec un grand succès d'audience. En 1986, le cardinal vicaire de Rome a ouvert sa cause de canonisation laquelle est en bonne voie.
Voici un exemple des programmes du père Mariano.
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samedi 19 avril 2008
dimanche 6 avril 2008
Prêtres à la page

Un visiteur vient de me signaler cette affiche déjà ancienne, inspirée par la série de films Matrix, destinée à frapper les imaginations d'un jeune public masculin.
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D'heureux sacrifiés
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Voici une très publicité très bien pensée, financée par le diocèse de Raleigh aux Etats-Unis pour encourager les vocations. Elle demande aux catholiques de prier nommément pour les jeunes gens qui font le sacrifice d'une vie mondaine pour s'engager au service de l'Eglise.
Vue sur le blog du père Ray Blake, curé de Sainte-Madelaine à Brighton, au Royaume-Uni.
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séminaristes
mercredi 5 mars 2008
Ouest-France : malignité ou ignorance ?
Dans quelques jours, des élections législatives vont avoir lieu en Espagne. La presse internationale se penche sur la vie politique de la péninsule et publie des analyses qui, le plus souvent, ne donnent qu'une vision partiale et partielle du débat qui coupe l'Espagne en deux. Les journalistes soutiennent le plus souvent le gouvernement Zapatero et critiquent, pas toujours avec nuance, la droite espagnole et l'Eglise catholique.
Le quotidien Ouest-France, probablement l'un des plus politiquement corrects de France, a publié le 3 mars 2008 deux articles de Michel Faure, son correspondant multi-cartes, qui révèle bien les préjugés des journalistes de gauche au moment de rendre compte de ce qui se passe en Espagne.
Sans conteste, Michel Faure aime l'Espagne, ou l'idée qu'il s'en fait, et il habite à Mojacar, un petit village andalou. Photographe talentueux et auteur à ses heures, il vient de publier chez Perrin un ouvrage consacré à l'Espagne de Zapatero dont voici la présentation par l'éditeur :
L'Espagne a la modernité véloce. Pauvre et isolée avant-hier, elle a affiché hier une croissance insolente et fonce aujourd'hui avec la même précipitation vers un avenir incertain. Ce vieux pays monarchiste est peuplé de républicains qui vénèrent leur roi; sa démocratie juvénile en remontre à ses voisins fourbus, qu'il s'agisse de l'évolution des moeurs ou du jeu des contre-pouvoirs. Ajoutons-y une renaissance culturelle et on obtient une vue imprenable sur une idée du bonheur ibérique.
Le tableau est séduisant, mais il est aussi un trompe-l'oeil. L'Espagne n'a jamais soldé les comptes de son histoire franquiste et s'interroge sur sa nature même et sur son avenir. Est-elle une nation, ou une nation de nations? Faut-il parler d'Espagne, ou bien des Espagnes ? Basques et Catalans surtout, mais pas seulement, s'interrogent sur leur identité et certains songent à l'indépendance. Depuis le retour de la démocratie, la droite et la gauche mènent l'une contre l'autre une bataille permanente et acrimonieuse. Le consensus, manifestement, est un concept étranger à l'Espagne. Pendant ce temps, le terrorisme d'ETA reste une menace constante tandis que la spéculation immobilière et la corruption qu'elle induit détruisent les paysages et quelques réputations.
C'est donc à un voyage à la fois amoureux et critique, parfois désolé, dans l'Espagne des trente dernières années que l'auteur nous convie.
Michel Faure est journaliste. Depuis une vingtaine d'années, il observe avec attention l'Espagne et a écrit un grand nombre de reportages sur ce pays, notamment pour Libération, L'Express, Le Monde 2 et Ouest-France.
Pour Michel Faure, l'Espagne n'a pas « soldé les comptes de son histoire franquiste ». De toute évidence, le solde des comptes du Front populaire n'est pas à l'ordre du jour.
Comme le supplice du pal, Michel Faure commence bien son papier et rappelle en peu de mots le contexte de l'arrivée au pouvoir de Zapatero, trois jours après les attentats de mars 2004. Les choses se gâtent quand il tente de vanter les mérites d'une Espagne « plurielle ». Rappeler sans plus de précisions qu'il est le petit-fils d'un « soldat républicain tué par les franquistes durant la guerre civile » ne permet pas à ses lecteurs bretons de savoir que ce « soldat » était en réalité un officier et que ce « républicain » s'est surtout distingué au cours de sa carrière militaire par sa participation à la violente répression sous les ordres de Franco des ouvriers asturiens embringués en 1934 dans un coup d'Etat organisé par le Parti socialiste. Quand aux circonstances de sa mort, elles sont curieuses. Il a été arrêté en zone nationaliste où il s'était rendu dans les jours qui ont suivi le soulèvement militaire au lieu de répondre à la mobilisation républicaine.
Pacifiste, avance Michel Faure pour caractériser à Zapatero. C'est probable. Mais le journaliste aurait pu rappeler que les premiers contacts des socialistes avec l'ETA ont été pris avant l'arrivée au pouvoir, quand gouvernait le Parti populaire et quand le Parti socialiste disait appuyer la politique du gouvernement contre le terrorisme.
Castillan, partisan d'une Espagne « plurielle ». Pourquoi pas, mais ne rien dire de ses pactes avec les nationalistes les plus radicaux et son silence face à la situation des hispanophones en Catalogne frise la désinformation.
Le compte-rendu des relations difficiles entre l'Eglise catholique et le gouvernement socialiste espagnol est trop court pour une analyse nuancée des faits. Toutefois, le journaliste privilégie le point de vue officiel. Quand il accuse l'Eglise d'aviver le conflit en béatifiant 500 martyrs de la foi, il fait bon marché du fait que cette cérémonie était en préparation depuis des années. Le calendrier de l'Eglise n'est pas celui de la vie politique.
Le message du journaliste est clair comme de l'eau de roche. C'est très bien que le gouvernement par sa loi de Mémoire historique rappelle le souvenir des victimes du franquisme. Mais c'est très mal que l'Eglise en fasse de même avec ses martyrs. De toute évidence, certains morts pèsent plus que d'autres.
Alors, malignité ou ignorance ? Ni l'un ni l'autre. Parlons plutôt de conformisme et désinformation soft. Tout à fait dans la ligne habituelle d'OuestFrance.
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dimanche 2 mars 2008
Des saints de seconde zone ?
Fidéliter, la revue bimestrielle fort bien faite de la fraternité Saint Pie X en France, consacre la couverture de son dernier numéro aux « saints du Concile », sujet illustré par une photographie de saint Josemaria Escriva de Balaguer. Dans son éditorial, le rédacteur en chef, l'abbé Régis de Cacqueray, s'interroge sur la validité de la canonisation de nombreux saints déclarés comme tels depuis le concile Vatican II. Il met en doute notamment la notion même de leur vertu et rappelle que la Fraternité :A choisi de ne pas choisir, et d'attendre les décisions d'un magistère redevenu clair.On peut très bien comprendre les doutes et les interrogations des traditionalistes devant l'avalanche de nouveaux saints, notamment sous le pontificat de Jean-Paul II. L'article de l'abbé Philippe Toulza est très éclairant à ce sujet.
En revanche, le réquisitoire de l'abbé Hervé Gresland contre la personne de Josémaria Escriva, le fondateur de l'Opus Dei étonne par sa violence et par la nature de ses arguments. L'auteur ne se limite pas à une critique théologique de l'œuvre (les jésuite l'ont faite bien avant lui), mais hélas se délecte dans la récupération de ragots sordides sortis des sentines de l'anticléricalisme le plus rance.

Cette vision de Josemaria se trouverait à son aise dans les colonnes de Golias. Elle ne correspond pas à celle de ceux qui ont personnellement connu ce prêtre sans toujours partager ses choix.
Cet article est-il la conséquence de la radicalisation de la Fraternité ? Probablement. Cette dérive se comprend mieux après le motu proprio de Benoît XVI et quand l'Institut du bon pasteur, qui rassemble des dissidents de cette Fraternité, marque des points.
Il est dommage que les coups portés soient des coups bas.
Nota bene. Cette polémique ne devrait pas décourager la lecture de Fideliter, aux articles variés et intéressants qui offrent un aperçu de la vie de la tradition catholique. Les recensions de livres de Benoît Mancheron sont excellentes et justifient à elles seules de s'abonner à ce bimestriel.
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mardi 26 février 2008
Eglise catholique, les chiffres du désastre
Les raisons qui ont poussé le pontife romain à libéraliser le recours aux formes traditionnelles de la messe (ad Orientem) demeurent pour le moment mal connues. Il n'est pas exclu que la principale raison réside dans un pragmatisme inévitable. La messe de toujours revient car son alternative modernistes a échoué. En effet, l'impact désastreux de l'imposition de la messe dite de Paul VI (Novus Ordo) ne se révèle pas réellement dans les chiffres habituellement cités.
Les autorités catholiques américaines citent volontiers le nombre de catholiques et soulignent que l'église romaine est devenue la première aux Etats-Unis par le nombre des fidèles. Ce faisant, ils occultent l'attrition permanente des fidèles qui est à peine compensée par l'afflux d'immigrants catholiques venus d'Amérique du Sud.
Ce matin, dans les colonnes du New York Times, le journaliste Neela Banerjee rend compte des résultats d'une vaste enquête du Pew Forum sur les pratiques religieuses des Américains qui révèle notamment que plus d'un quart des adultes ont abandonné la foi de leur enfance pour rejoindre une autre Eglise ou l'athéisme. Le plus troublant dans ces chiffres est que la plus forte perte est le fait de l'Eglise catholique qui perd 8% de ses fidèles natifs.

Ce sont les catholiques qui ont le plus déserté leur Eglise.

Les vocations des jeunes gens se font plus nombreuses et ils sont attirés par l'Eglise de toujours comme, par exemple, ce jeune dominicain d'Oxford, le frère Lawrence, qui possède un réel talent de photographe et qui a mis en ligne près de 4000 clichés.

Les vocations des jeunes gens se font plus nombreuses et ils sont attirés par l'Eglise de toujours comme, par exemple, ce jeune dominicain d'Oxford, le frère Lawrence, qui possède un réel talent de photographe et qui a mis en ligne près de 4000 clichés.
vendredi 22 février 2008
Fère Roger de Taizé
Frère Roger de Taizé
Yves Chiron
Éditions Perrin, 415 pages, 21,50 euros.
Membre émérite de la Société d’histoire religieuse de la France, l’auteur a déjà publié de nombreux ouvrages consacrés à l’histoire religieuse dont des biographies de qualité de Paul VI et du padrePio. Cette fois, il annonce la sortie de son nouvel opus consacré à la biographie d'une curieuse figure de l'oecuménisme, le frère Roger, fondateur de la communauté de Taizé.
Dans son introduction, l'auteur explique l'intérêt de son sujet et la nature de sa démarche :
Le nom de Taizé est aujourd’hui universellement connu. Les célèbres Chants de Taizé ont été traduits dans des dizaines de langues. Les « Rassemblements de Taizé », sur la colline bourguignonne, dans une grande ville d’Europe en fin d’année ou ailleurs dans le monde, attirent, à chaque fois, des dizaines de milliers de jeunes de toutes nationalités.
Il y a un « mystère Taizé », qui a fasciné les hommes d’Eglise comme les profanes. Mystère de son succès et mystère de son fondateur, figure charismatique.
Pourtant, la figure emblématique du fondateur, Frère Roger – Roger Schutz à l’état-civil (1915-2005) – reste, à bien des égards, méconnue.
Ce livre, première biographie historique de Frère Roger, voudrait échapper à la légende, non pour en prendre systématiquement le contre-pied, mais pour restituer toute une vie dans son contexte historique.
La tâche n’a pas été facile. Taizé n’aime ni l’histoire ni les archives et cultive un certain goût pour le secret ou le discret.
Les rencontres de Roger Schutz et de Max Thurian avec Pie XII et d’autres autorités romaines en 1949 et 1950 n’ont été connues du grand public qu’en 1960 (1). Frère Roger a choisi son successeur, frère Alois, dès 1978, au cours d’un voyage en Afrique, mais il ne l’annonce à sa communauté que vingt ans plus tard. La communion de Frère Roger à l’Eucharistie catholique, qu’il reçoit depuis 1972, n’apparaît au grand jour que lors de la messe des funérailles de Jean-Paul II, en 2005.
Et que dire de l’itinéraire religieux de son grand-père maternel : séminariste catholique jusqu’au sous-diaconat, puis prêtre dans l’Eglise vieille-catholique, avant d’être consacré pasteur réformé ? Frère Roger n’en a jamais parlé et, aujourd’hui encore à Taizé, c’est une sorte de tabou à ne pas transgresser.
La recherche de Frère Roger, nous avons essayé, ici, de la restituer au plus près. Sans nous arrêter à la « légende », mais aussi avec le souci de ne pas travestir la vérité d’un itinéraire exceptionnel.
Outre les volumes du Journal de Frère Roger, où, souvent, il faut savoir lire entre les lignes, d’autres sources permettent de reconstituer les diverses étapes de sa vie. Il y a, d’abord, les témoignages que nous avons pu recueillir auprès de certains membres de sa famille (par exemple, sa fille adoptive, Marie Strugala), auprès de frères ou d’anciens frères de la Communauté et auprès de ceux qui, catholiques, protestants ou orthodoxes, ont été les témoins de sa vie.
De nombreuses archives ecclésiastiques, institutionnelles ou privées, attendaient aussi l’historien, en France et en Suisse. Elles se sont avérées très riches, pleines de surprises et de documents précieux pour mieux saisir les décisions et les tentatives.
Frère Roger fut un « passeur » de frontières. Suisse, il s’installe en France en 1940. Calviniste, il fonde la première communauté monastique protestante en terre française. Fils de pasteur, pasteur lui-même, il est allé audelà du protestantisme. « Il est formellement catholique » disait, en 2005, le cardinal Kasper, président du Conseil pontifical pour l’Unité des chrétiens, au cardinal Barbarin qui l’interrogeait sur l’appartenance confessionnelle deFrère Roger (2). Il a toujours franchi les murailles pour aider et rassembler. En 1940-1942, il aide des réfugiés politiques et des Juifs ; en 1945-1946, il soulage deux camps de prisonniers de guerre allemands établis près de Taizé ; dans les années 1950-60, il est à la pointe du dialogue oecuménique ; dès 1966, il pressent une vague de contestation radicale dans la jeunesse d’Europe et il saura y voir une soif de questions. Et le reste de sa vie, il mettra en oeuvre une pédagogie d’accompagnement de la jeunesse qui sera admirée par beaucoup et critiquée par certains. Frère Roger appartient maintenant à l’histoire de l’Eglise mais aussi à l’histoire de l’Europe. Les Eglises, elles, ont vu en lui un rassembleur qu’elles n’ont pu tenir à l’écart, avec lequel elles ont entretenu un dialogue, parfois rude et difficile. Si Taizé, d’origine protestante, s’est rapproché du catholicisme, il y a eu un mouvement inverse : Taizé a influencé et le protestantisme et l’Eglise catholique.
1 Le premier article qui évoque ces rencontres paraît dans le Monde le 27 octobre 1960.Cet ouvrage peut être commandé à l'auteur au prix de 25 euros (port compris) en écrivant à à l’ASSOCIATION NIVOIT, 5, rue du Berry, 36250 NIHERNE
2 Lettre du cardinal Barbarin à l’auteur, le 23 février 2007.
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Yves Chiron
jeudi 27 décembre 2007
Fidèles au Magistère
Telle un iceberg, la presse française est bien plus riche que ne laissent le supposer les rayons des marchands de journaux. En dépit de la qualité de leur contenu, un grand nombre de titres échappent à la curiosité des lecteurs potentiels en raison des contraintes commerciales imposées par une distribution en kiosque.
La presse catholique n’échappe pas à cette règle. Les croyants français disposent chez leur marchand de journaux d’une abondante production de magazines qui va de Témoignage chrétien à Télérama en passant par le Pèlerin. Pourtant, en dehors du quotidien la Croix, la majorité des titres qui se disent chrétiens sont en perte de vitesse. Comment s’en étonner ? Ils véhiculent les valeurs d’une génération de clercs en fin de cycle. Des prêtres qui ont longtemps cru aux idées de l’aile la plus progressiste de Vatican II. Mal conseillés, mal informés, ou tout simplement mal intentionnés, ces curés du rouge au rose ont largement contribué à dénaturer le concile dans la pratique ecclésiale.
Avec Benoît XVI, l’Eglise a finalement tiré un trait sur une expérience de quarante ans qui a échoué. Les prêtres en pull a col roulé et les religieuses habillées chez les Trois Suisses vont progressivement céder la place car ni les uns ni les autres ne séduisent la jeunesse qui se reconnaît dans l’Eglise.
Si la presse qu’aiment à lire les catholiques n’est pas dans les kiosques, où est-elle ? Elle se fait connaître par le bouche à oreille, par la prospection postale, par l’affichage dans quelques points de vente ponctuels… A l’abri des regards, et loin des coups de crosse épiscopaux, elle chemine souterrainement, en attendant de se diffuser au grand jour.
L’Homme nouveau est de cette presse encore discrète. Certes, ce n’est probablement pas le genre de magazine trendy et glossy que fabriquent à la chaîne les éditeurs spécialisés dans le « chrétien cool » pour ados. Néanmoins, dirigé par Philippe Maxence, un journaliste ferme dans ses convictions mais à l’esprit ouvert, ce bimensuel réussit à concilier la qualité de l’information religieuse, un ultramontanisme light et un relatif anticonformisme.
Il est probable que la lecture de l’Homme nouveau déclenche un furieux prurit dans les sacristies où le portrait du père Yves Congar fait face à celui de Hans Kung et dans les palais épiscopaux où les mitrés lisent plus volontiers Libération que l’Osservatore Romano. Mais qu’importent leurs démangeaisons, leur heure est passée.

Un magazine qui annonce l’Eglise de demain
L’avenir de l’Eglise est ailleurs. Il est dans ces jeunes qui retrouvent les chemins de la foi grâce à une liturgie traditionnelle qui parle plus à leur cœur que la logorrhée progressiste scandée au rythme du djembé.
L’Eglise de demain est probablement à l’image de ces familles que l’on croise dans les pèlerinage, la mère avec une poussette et le père transportant dans un sac à dos le pique-nique de la ribambelle d’enfants qui les suit.
La force du catholicisme du XXIe siècle sera de réunir sous le même toit des sensibilités très différentes, des communautés catéchuménales à des prélatures comme l’Opus Dei ou encore aux Légionnaires du Christ, aux jésuites (ou ce qu’il en reste), aux dominicains en passant par les franciscains fondus de télévision de l’Eternal Word Television Network. Quant aux fidèles, ils trouveront eux aussi une voie qui leur conviendra dans une offre religieuse diversifiée mais unie sur l’essentiel.
Comme tout corps vivant, l’Eglise est le lieu d’affrontements où les ambitions bien humaines compliquent des enjeux théologiques bien complexes. Voilà pourquoi, l’un des plaisirs de la lecture régulière de l’Homme nouveau est de suivre les péripéties des combats à crosses démouchetées entre les tenants de la « tradition » au sens large et ceux qui défendent ce qu’ils appellent « les acquis du concile ».
Ainsi, les péripéties de la réception du motu proprio du 7 juillet 2007 de Benoît XVI, levant tous les obstacles hiérarchiques à la célébration de messes dans le rite traditionnel, dit « extraordinaire », par opposition au rite conciliaire dit « ordinaire », valent le détour.
Le bimensuel ne se limite pas aux affaire d’Eglise. Il jette un regard curieux et critique sur la société et ça fait du bien de lire d’autres points de vue que ceux des médias conformistes. Par exemple, dans son numéro de fin décembre 2007, le magazine offre un intéressant dossier sur le scoutisme où l’on trouve le récit peu connu des origines des Scouts d’Europe et aussi un papier d’humeur dénonçant le « temps des assassins », quand les terroristes non-repentis d’Action directe se retrouvent en liberté alors qu’un site internet à leur gloire fait un appel permanent à la violence. Mais l’important est ailleurs. Il se trouve en Une dans l’appel de l’abbé Chanut à grandir dans l’espérance chrétienne « maintenant que l’optimisme béat de la période post-conciliaire a fait preuve de sa fatuité prédatrice ».
Les jeunes catholiques ont le sens de l'humour. Voici deux savoureuses mises en boîte des délires ayant accompagné l'imposition du Novus Ordo.
Même pas peur
Les lecteurs de l’Homme nouveau sont des hommes et des femmes qui ont connu le nadir de la foi catholique et qui pourtant ont persévéré dans leur foi. Après les trente désastreuses qu’ils ont vécues avec leurs familles, plus grand chose ne peut les abattre. Ils risquent de nous réserver quelques surprises.
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