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mercredi 26 mai 2010

Les Rouges que la gauche veut oublier

Une fosse contenant les restes de soldats républicains qui embarrasse bien le Parti socialiste espagnol.

Dans une Espagne où la gauche politique cherche à instrumentaliser sa version de la guerre civile pour mobiliser la frange la plus radicale de son électorat, déconcertée par le libéralisme économique de Zapatero, le mythe des fosses communes du franquisme a permis d'attiser le feux des haines entre Espagnols dont se repaît le Parti socialiste.

Malheureusement pour la gauche, les fosses du franquisme se révèlent étrangement bien vides. Quant aux condamnations des Rouges par des tribunaux franquistes elles sont bien difficiles à annuler et les fusillés bien rétifs à la réhabilitation car les juges militaires de l'Espagne nationaliste ont bien fait leur travail dans la majorité des cas. Les attendus sont largement circonstanciés et les exécutés ont payé de leur vie les crimes horribles qu'ils ont commis.

A la différence de la zone rouge, dans la partie du pays sous contrôle de Franco, les exécutions « extra-judiciaires » ont été rares, concentrées dans les premiers jours du soulèvement. C'est une des raisons pour lesquelles les « tueurs » franquistes sont peu nombreux, à l'inverse de ceux du Front populaire où le moindre milicien s'arrogeait un droit de vie ou de mort sur les suspects de droitisme ou de catholicisme.

Le gouvernement socialiste est bien embarrassé par la fosse commune de Rubielos de Mora où reposent les restes d'une quarantaine de soldats républicains. Il ne devrait pas car, faute de fosses, le moindre petit trou garni d'ossements devrait être le bienvenu.

L'ennui est que ces Républicains ont été fusillés par le Front populaire le 20 janvier 1938 quand la brigade 84, durement étrillée par les Nationalistes pendant la bataille pour Teruel, a refusé de retourner au front.


Robert Capa photographié en Chine en 1938 perché sur un char japonais détruit par les Chinois.

Cette unité du Front populaire avait fait l'objet d'un important reportage photographique de Robert Capa dont les négatifs ont été retrouvés voici peu. Cette heureuse coïncidence conduit la cinéaste mexicaine Trisha Ziff à réaliser un film qui se base à la fois sur les photos, l'exhumation et les souvenirs des familles des victimes.

Voici comme présente l'affaire le quotidien ABC :

La exhumación de los cadáveres de la fosa de Rubielos Mora comienza en junio

Zaragoza, 21 may (EFE).- Los trabajos de exhumación de los cadáveres de los 46 fusilados republicanos enterrados en una fosa común en el término municipal de Rubielos de Mora (Teruel) comenzarán el próximo mes de junio bajo la expectación de los familiares.
Así lo han confirmado a EFE fuentes de la Sociedad de Ciencias Aranzadi, encargada junto a la empresa Cóndor Georadar de realizar las labores de localización de esta fosa después de que lo solicitaran dos de las familias de los republicanos fusilados.
Las inspecciones que se iniciaron el pasado mes de junio permitieron localizar en octubre esta fosa en el paraje "Piedras Gordas", situado a unos tres kilómetros de Rubielos de Mora, en la que 46 republicanos de la brigada 84 fueron fusilados por sus propios mandos al negarse a obedecer sus órdenes el 20 de enero de 1938.
Después de meses de trabajo, un equipo de veinte profesionales llevan a cabo estos días las labores de prospección y delimitación exacta de la fosa para poder empezar la exhumación en el mes de junio, han explicado fuentes de Aranzadi.
Estos trabajos han despertado el interés de la directora mexicana Trisha Ziff, quien se trasladará este fin de semana hasta la fosa común para filmar las intervenciones e incluirlas en un documental.
Una vez exhumados los restos de los fusilados se trasladarán al laboratorio que la Sociedad Aranzadi tiene en San Sebastián, donde serán examinados para entregarlos después a los familiares de las víctimas.
El avance de los trabajos ha sido acogido con expectación entre los ciudadanos del pueblo y las familias de los fusilados que ven como después de tantos años van a poder enterrar debidamente a sus familiares.
En un primer momento, sólo dos familias solicitaron que se iniciara la localización de esta fosa, motivadas por el libro "Si me quieres escribir" de Pedro Corral que narra esta trágica historia, pero conforme han avanzado los trabajos se han unido hasta seis familias más procedentes de Teruel, Castellón y Valencia.
Una de las familiares, Conchi Esteban, nieta de uno de los fusilados, Anacleto Esteban Mora, original de Villarqemado (Teruel), ha transmitido a EFE su satisfacción por el desarrollo de los trabajos que pondrán fin a años de búsqueda para lograr dar sepultura digna a su abuelo.
"Al leer el libro de Pedro Corral empecé a investigar. Fui al pueblo y pregunté a los vecinos que me iban contando lo que sabían.
Después me puse en contacto con Aranzadi para que guiaran la búsqueda", ha comentado.
Una vez que los cuerpos estén identificados las familias de los fusilados se sentarán para decidir si los entierran a todos en el cementerio de Rubielos de Mora o los trasladan a sus lugares de nacimiento, ha manifestado.
Todavía hay muchas familias que no han reclamado los cadáveres, pero Esteban confía en que lo hagan en los próximos meses motivados por los resultados de la investigación. EFE

lundi 31 mars 2008

Insuportable discrimination

La patate chaude de la fosse commune découverte à Alcala de Henares ne refroidit pas. En dépit des efforts du gouvernement pour en cacher l'invention par des ouvriers creusant des fondations, la nouvelle de sa découverte continue de faire des vagues en Espagne. L'enquête préliminaire diligentée à la requête d'un magistrat militaire cherche à déterminer ses dimensions. Des indices laissent supposer qu'elle ferait environ 150 m de long, ce qui augure d'un nombre d'assassinés dépassant la centaine.

La réaction de la gauche est très révélatrice de son état de déni permanent de la réalité. Le journal gouvernemental El Pais a cherché par tous les moyens à rejeter la responsabilité des morts sur le camp nationaliste dans une vaine tentative pour dédouaner les tueurs du Front populaire. Un de ses journalistes a publié une étude dans laquelle il affirme que le lieu de la découverte a servi de camp de concentration durant les années 1940. Les historiens n'ont pas tardé à prouver que les affirmations du quotidien socialiste sont incompatibles avec les faits tels qu'on en retrouve la trace dans les archives.

Les documents révèlent que ce camp a servi de centre de rétention et de triage pour les frontpopulistes entre avril et novembre 1939, quand il fallait démobiliser les dizaines de milliers de prisonniers du front de Madrid. Rien ne permet de supposer que des exécutions sommaires ont eu lieu durant ces mois.

Bien au contraire. Il est largement démontré que le gouvernement espagnol a conduit une répression à la fois dure, exhaustive et formaliste, s'appuyant sur une procédure judiciaire simplifiée pour juger les survivants du Front populaire. Les vainqueurs n'avaient pas besoin de fosses communes.

Autre fait révélateur. Les dirigeants de l'organisation partisane « Association pour la récupération de la mémoire historique » ont déclaré qu'ils n'aideront pas les familles des morts retrouvés dans la fosse car ils ne s'intéressent qu'aux victimes des nationalistes.

De même, le gouvernement catalan brille par son absence. Alors que les restes d'une personnalité catalane de premier plan, Andreu Nin, pourraient se trouver dans cette fosse, le conseiller Joan Saura en charge de ces questions reste muet comme une carpe et sa créature, le Memorial Democratic est aux abonnés absents.

Le gouvernement catalan et la bourgeoise reconvertie dans l'indépendantisme sont coutumiers de la mémoire sélective. Comme le remarque le journaliste Pedro Fernandez Barbadillo, une bonne partie des personnalités catalanes auxquelles ont rend hommage en ce début de XXIe siècle ont par la force des choses un passé franquiste. Comme ce passé est incompatible avec l'image que cette bourgeoise veut donner d'elle-même aujourd'hui, elle en efface les traces.

Un exemple caricatural a été offert sur un plateau par le quotidien gouvernemental catalan la Vanguardia española dans l'hommage qu'il a rendu à Martín de Riquer, père du propriétaire du quotidien et actuel duc de Godó. Les défenseurs de la probité journalistique ont tout simplement omis de sa biographie que Martín de Riquer a fait la guerre comme volontaire aux côtés de Franco et qu'il a organisé le défilé des troupes victorieuses dans les rues de la capitale catalane. Ensuite, il a dirigé la propagande de la Falange avant de faire carrière dans l'université et entrer deux fois au parlement sur nomination directe par Franco.

A l'inverse, ses descendants ont changé d'allégeances et font carrière dans l'indépendantisme. Un de ses fils, Borja, est même l'un des promoteurs de la mémoire historique à la sauce rose. Pourquoi n'a-t-il pas commencé par son propre papa ?