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vendredi 18 juin 2010

¡Viva Mexico!

Ils ne sont pas les seuls à nous tromper sur la marchandise.

Je dois l'avouer, je maintiens une relation compliquée avec le Mexique.

Il m'est pénible de comparer l'état actuel de ce pays avec ce qu'il fut autrefois.

A vrai dire, il m'a toujours semblé que la Nouvelle Espagne ne s'est jamais remise de la mort du vice-roi Bernardo de Gálvez y Madrid en 1786. A cette époque, ce qui va devenir le Mexique est un des rares ensembles bi-continentaux. A partie de la ville de Mexico, le vice-roi est aux commandes d'une vaste région qui englobe à l'est les Antilles, à l'ouest les Philippines, au nord les limites de l'Alaska et au sud l'isthme américain.

Le Mexique au temps de sa grandeur.

La victoire des séparatistes en 1821 va conduire progressivement le pays sur la voie de la décadence et son territoire va se réduire comme une peau de chagrin.

Tout d'abord, les Philippines et les Antilles restent fidèles à l'Espagne. Puis l'incompétence des nouvelles générations aux commandes conduit à la perte de l'Oregon et du Texas, récupéré manu militari par des immigrants anglophones, avant le désastre de 1848 quand l'expansionnisme du voisin du nord conduit à la perte de l'Arizona, du Nouveau Mexique et de la Californie.


Le peuple mexicain soutient son équipe.

Les ambitions malheureuses de Napoléon III, allié à une petite élite locale, aboutissent à la triste expédition de l'Armée française au Mexique qui ne connaît que d'éphémères succès avant de se terminer en défaite puis par la mort de l'honorable Maximilien.

A la fin du XIXe siècle, le Mexique n'est plus qu'un terrain vague, largement dominé par les intérêts financiers des Etats-Unis et par une bourgeoisie éclairée qui tourne vite à la machine répressive anti-catholique, dont les épisodes les plus emblématiques sont le révolte des Cristeros et l'extraordinaire martyre du père Pro.

Le père Pro prie avant son exécution.

Le père Pro attend les bras en croix la décharge fatale.

La prise du pouvoir par les gauchistes affairistes et laicards du PRI (parti révolutionnaire institutionnel !) va transformer ce pays en un régime de gauche (de façade) tout en obéissant aux inérêts des Etats-Unis.

La fin du PRI a rendu un espace de liberté politique à ce pays. Il lui reste encore à restaurer la liberté civique de ne pas recevoir une balle d'un criminel protégé par une police corrompue.

Bel affrontement. Une photo bien symbolique.

Mais hier au soir sur un terrain de jeu en Afrique australe, de jeunes remplaçants, abonnés au banc de touche, ont battu une bande d'employés surpayés de grands clubs européens.

Une équipe enhardie de créoles catholiques, protégés par la vierge de Guadalupe, a mis la pâtée à une méchante troupe de cipayes engoncés.

Une fratrie homogène de garçons bien dans leur peau a écrasé un ramassis de clans ethno-religieux qui se détestent.

Le plus agréable de cette défaite est qu'elle va interdire aux bien-pensants de ressortir leur couplet sur la France de demain aux couleurs de l'équipe de France.

samedi 22 décembre 2007

Las Casas serait content

Bartolomé de Las Casas, l'éducateur du Chiapas et le défenseur des Indiens.

L'évêché de Chiapas, au Mexique, est bien ancré dans l'histoire. En mars 1543, l'empereur Charles Quint propose au pape un candidat pour occuper la charge épiscopale : Bartolomé de las Casas. Rome ayant donné son accord, le dominicain est consacré évêque dans la chapelle du couvent Saint Paul de Séville d'où il s'embarque pour le Nouveau Monde en juillet 1544.

Dès son arrivée, il se bat pour défendre les indiens des excès de quelques conquistadores âpres au gain et interdit la pratique de la mise en esclavage des indigènes en excommuniant les colons qui le pratiquaient. L'évêque met au point des méthodes pacifiques de conversion et s'attache à l'éducation des populations locales.

Les élèves de l'école « Francisco Villa » de San Juan de Panama,
dans l'Etat mexicain du Chiapas.


Dans un amusant clin d'oeil au défenseur des Indiens, la presse mexicaine et espagnole publie aujourd'hui la nouvelle que les meilleurs résultats scolaires de tout le Mexique sont obtenus par une petite classe d'indigènes, loin de toute civilisation urbaine, ne disposant d'aucun des moyens sophistiqués des écoles privées les plus coûteuses du pays.

Le ventre vide, assis à leurs modestes pupitres en bois, ces petits indiens étudient dans les hauteurs de la sierra Madre de Chiapas, à 1700 m d'altitude, dans une petite communauté villageoise de 300 habitants, à trois heures de route dEscuintla, le village voisin, et à cinq heures de Tapachula, la ville la plus proche.

Contre toute attente, ces enfants battent à plate couture 85 000 écoles primaires publiques et privées du pays avec une moyenne de 8,5 sur 10. Un des enfants, Robelsi Obed, occupe à 11 ans la première place dans tout le Mexique pour ses résultats en espagnol et en mathématiques. Que demandent les parents ? Une route qui permette de rompre l'isolement du village durant la saison des pluies et davantage de bourses pour permettre aux meilleurs élèves de recevoir une éducation à la mesure de leur talent.

Voilà de quoi faire réfléchir les enseignants français qui ne connaissent qu'un seul remède à l'échec scolaire : le célèbre « davantage de moyens ».