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vendredi 21 mai 2010

Les images de l'affaire Omar Raddad

Pour les lecteurs pressés, voici le résumé en images de l'affaire Omar Radadd. Ces images sont exceptionnelles et peu connues.

Pour en savoir plus, le site de Georges Cenci, l'homme qui a découvert la vérité et obtenu la comdanation d'Omar Raddad.


Omar Raddad, le meurtrier au visage d’ange, photographié au cours de son procès. Condamné à 18 ans de réclusion criminelle le 2 février 1994, il bénéficie d’une grâce présidentielle partielle en 1996. Mais, en rejetant sa demande en révision le 20 novembre 2002, la Cour de cassation confirmait le verdict populaire. Si Omar Raddad est désormais un homme libre qui a sa place dans la société française, il reste à jamais le meurtrier de Ghislaine Marchal.



La villa La Chamade, chemin Saint-Barthélemy à Mougins. La flèche désigne le toit du logis à bois sous lequel se trouve la cave où fut découvert le corps de Ghislaine Marchal.


On voit ici le portillon qui protège l’accès
à la cave. Il doit être en position fermée pour accéder au logis à bois.


Le système de blocage de la porte est à la fois, simple, léger et redoutablement efficace. La poussée de deux hommes a déformé le haut de la porte mais n’a pas fait reculer le tube métallique.Placé très à droite, tout près des gonds par Ghislaine Marchal, le tube n’a jamais pu être remis à cette même place lors de la reconstitution par les avocats d’Omar Raddad qui cherchaient à accréditer la thèse d’une mise en scène.

Les expertises en écriture

En confiant à des experts en écriture l’analyse des deux inscriptions manuscrites figurant sur les portes intérieures de la cave, le magistrat instructeur n’avait pas pour but de connaître le profil psychologique de la victime. Pour cela il se serait adressé à un graphologue. Le magistrat souhaitait des réponses simples à des questions simples dont la plus importante était : « Ghislaine Marchal est-elle l’auteur des inscriptions trouvées sur le lieu du crime ? »
Le premier expert requis, Gilles Giessner, dispose des agendas, des grilles de mots croisés de la victime et s’est rendu sur les lieux. Il détermine que les deux inscriptions sont le fait de la même personne. La première (ci-dessus), a été tracée à la lumière par Ghislaine Marchal à genoux. La seconde (voir à la double page suivante), a été tracée allongée dans l’obscurité alors que ses forces l’abandonnaient rapidement. Il conclut en excluant catégoriquement toute idée de mise en scène par un tiers.

Le juge ordonne une contre-expertise et requiert Florence Buisson-Debar. Elle aussi se rend sur les lieux et dispose de tous les éléments saisis. Non seulement elle confirme qu’une seule et même personne a rédigé les deux inscriptions, mais elle ajoute : « les inscriptions sont bien de la main de Mme Marchal. Chacune des lettres en question, de la moins significative à la plus significative, se retrouve dans l’écriture de cette dernière. Ce qui nous autorise à dire que Ghislaine Marchal a, de sa propre main, porté les deux inscriptions… »
Au cours du procès, Gilles Giessner conclut lui aussi que Ghislaine Marchal est l’auteur des deux inscriptions et souligne qu’il a relevé de nombreuses fautes de grammaire comparables à celles des spécimens dans les autres écrits de la victime. Interrogé par la défense, qui avance d’autres théories, l’expert se défend pied à pied et démonte les arguments de Me Vergès. Entrant dans l’arène à son tour, Florence Buisson-Debar confirme avec force détails que Ghislaine Marchal est l’auteur indiscutable de ces deux inscriptions.
Enfin, trois autres experts se succèdent à la barre pour témoigner, au vu de l’autopsie et des rapports d’écriture, que la victime était suffisamment lucide, au moment où elle écrivait les deux phrases, pour saisir la portée de ses écrits. En d’autres termes, Ghislaine Marchal savait ce qu’elle inscrivait. Elle n’a donc pas écrit le prénom de son jardinier sans raison valable.

Le tracé malhabile de cette inscription s’explique non seulement par l’état physique de Ghislaine Marchal mais aussi par le fait qu’elle a écrit dans l’obscurité, sans voir le tracé des lettres. L’expert Gilles Giessner écrit : « la mention a été tracée alors que le scripteur était allongé, se soulevant sur le coude gauche et traçant les lettres avec la main droite.  La déstructuration des lettres, l’abondance des taches de sang, la pente des deux lignes, l’arrêt net dans le plan vertical des lettres indiquent que le scripteur est animé d’une volonté farouche d’écrire mais ne dispose plus de la mobilité nécessaire pour le faire. »







La scène du crime était maculée de sang. Ci-dessus : le chevron et le tube métallique ensanglantés du système de blocage de la porte mis au point par Ghislaine Marchal. Ce sang s’était écoulé lors des déplacements de la victime car la nature des blessures et le tissu très absorbant du peignoir de bain ont évité les extériorisations de sang. Pourtant, des avocats
ont été capables de parler d’éclaboussures au plafond !



Omar Raddad possédait la clef du portail d’entrée de la villa La Chamade qui donnait sur le chemin Saint-Barthélémy. Il avait donc parfaitement la possibilité d’entrer dans la propriété sans devoir sonner pour se faire ouvrir.


C’est sur la porte de la cave à vin que Ghislaine Marchal, à genoux, a rédigé l’inscription incriminant Omar Raddad. La faute de grammaire était habituelle chez elle comme l’a prouvé la lecture de ses agendas. On aperçoit vers le bas la trace du front et des cheveux de la malheureuse.


Le chef Evrard a découvert dans le logis à bois un taille-haie et au sol un chiffon graisseux qui était taché. L’analyse de ces deux pièces à conviction mit en évidence la présence d’ADN (animal ou humain) sur le taille-haie mais rien ne put être décelé sur le chiffon en raison de la présence de produits inhibants dans le tissu.


Ci-contre : le taille-haie sur lequel ont été trouvées des traces d’ADN animal ou humain. La nature des blessures peut s’expliquer par la longueur des lames et la difficulté de manipulation de cet outil de jardinage qu’Omar Raddad connaissait bien de par la nature de ses fonctions. Un rôdeur n’aurait probablement pas eu l’idée de le chercher dans le logis à bois de la villa.

Afin de réviser le procès, la défense sort en 1996 de son chapeau l’inusable Mimoun Barkani, l’oncle du condamné et ancien domestique de Ghislaine Marchal, qui accuse le fils de sa patronne. Il aurait été le témoin de faits graves qui se seraient déroulés à La Chamade. Hélas pour ce témoin de la dernière heure, de son propre aveu, il n’a jamais travaillé à La Chamade. Ces confidences tardives s’expliquent d’autant plus mal que ces « révélations », capitales pour prouver l’innocence d’Omar Raddad, n’apparaissent nullement dans les écoutes téléphoniques
de 1991 des conversations entre Mimoun Barkani et des sympathisants de la cause du jardinier.





La condamnation de Raddad ouvre la saison des mercenaires de l’enquête privée qui exploitent la crédulité des journalistes et l’avidité des médias en général. Ci-contre : Bernard Naranjo, prestataire de services de Me Baudoux, un des premiers défenseurs de Raddad, dans des déclarations à la presse en mars 1994. Il n’hésite pas à affirmer qu’il connaît le véritable meurtrier (sans dire au journaliste que cet homme a déjà été innocenté par l’enquête).

Christian Vellard, le voisin mythomane de Ghislaine Marchal, assurait avoir conversé avec son ami M. Goldstein sur le chemin Saint-Barthélémy le jour du meurtre entre 11 h 45 et 12 h 15.
Il déclara aux gendarmes ne pas avoir vu passer Omar Raddad. Après enquête, son témoignage (communiqué aux gendarmes trois mois après les faits), n’était en réalité motivé que par le désir d’intéresser les médias car il n’était pas à Mougins ce jour-là. A la barre de la cour d’Assises, il fait le pitre et avoue : « je suis une pipelette ». La lecture par le président des écoutes téléphoniques dont il avait fait l’objet déclenche l’hilarité de l’assistance et le discrédite totalement. Mais l’attrait de la notoriété est le plus fort et, quelques années plus tard, il n’hésite pas à renouveler ses déclarations innocentant Raddad alors même qu’elles sont nées de son imagination. La journaliste Sylvie Lotiron les reprend sans aucun esprit critique, rendant un bien mauvais service à ses lecteurs.