samedi 29 novembre 2008

Mur du silence sur la naissance de Barack Hussein Obama

Il suffit de parcourir la presse francophone pour se rendre compte qu'au sujet des polémiques entourant les circonstances précises de la naissance du président élu Barack Hussein Obama (BHO), elle est n'est pas plus locace que son homologue d'outre-Atlantique.

Pourtant, l'affaire est plus sérieuse qu'il n'y paraît.

Rappelons les faits. Pour être élu à la présidence des Etats-Unis il faut être un « natural born citizen », une notion floue qui dans l'esprit des fondateurs mettait l'exécutif du pays à l'abri d'immigrants dont la loyauté pouvait être douteuse. Ainsi, Arnold Schwarzenegger, le gouverneur de l'Etat de Californie ne peut être élu à la présidence car il est un citoyen naturalisé, né en Autriche.

Les législateurs n'avaient pas envisagé le cas des Américains nés à l'étranger en raison de la présence de leurs parents (citoyens américains) hors du térritoire américain. Toutefois, l'usage considère que ces Américains nés hors des frontières de l'Union, par exemple ceux qui naissent dans les familles de militaires américains stationnés hors de la Métropole, comme des « natural born citizens ».

C'est le cas, par exemple, du sénateur McCain qui est né au Panama dans une famille de marins en garnison dans ce territoire.

L'affaire se complique quand un des deux parents est un étranger. La loi est très restrictive et l'obtention de la nationalité américains par les enfants n'est pas automatique. Ainsi, si BOH était né au Kenya, il ne pourrait pas bénéficier de la nationalité étatsunienne car sa mère ne remplissait pas les conditions requises pour que son fils hérite de sa nationalité.

Pourtant, dans le cas de BOH, tout est résolu par le fait qu'il est né aux Etats-Unis, à Honolulu. Du moins telle est la version officielle. Dans un premier temps des partisans de Hillary Clinton ont mis en doute la nationalité américaine de son adversaire puis ils ont été rejoints par une petite armée de bloggeurs et de juristes républicains. Pendant ce temps, la grande presse, y compris les journalistes républicains les pus agressifs, s'est contentée de reproduire l'extrait de certificat de naissance mis en ligne par le candidat démocrate lui-même.

Au début, les adversaires les plus rabbiques de BOH ont mis en doute la véracité de cet extrait mais ils ont été contredits par des journalistes d'investigation qui l'ont eu entre les mains et ont pu en vérifier la validité.

Affaire close ?

Pas le moins du monde. L'extrait se contente de constater une naissance viable mais ne livre pas les renseignements qui pourraient mettre un terme définitif à la polémique. Par exemple, le lieu précis de la naissance de BOH, dans quel hôpital ou dans quelle clinique ou même encore au domicile de ses grands-parents. Le fait que le candidat puis le président élu ne l'ait pas fait reste inexplicable.

Pourtant, l'affaire risque de prendre un tournant judiciaire dans quelques jours.

Le 3 novembre 2008, Leo C. Donofrio, un avocat du New Jersey à la retraite, a demandé aux autorités de son Etat d'interdire aux sénateurs Obama et McCain, tout comme à Roger Calero, candidat du Socialist Worker’s Party, de participer aux élections présidentielles pour l'état du New Jersey arguant du fait qu'ils ne seraient pas des « natural born citizens ». Sa requête a été rejetée par l'Etat et le 6 novembre suivant, le juge à la Cour suprême David Souter mettait au panier une demande similaire. Sans se décourager, le requérant a renouvelé sa demande auprès d'un autre juge et Clarence Thomas a décidé que l'affaire serait présentée aux neuf juges de la Court quand ils se réuniront le 5 décembre prochain en conférence pour décider le sort des affaires qui leur sont soumises. Si quatre magistrats au moins acceptent l'affaire, elle sera inscrite au programme et commenceront les auditions orales pour connaître les arguments des parties.

Une enquête rapide révèle qu'il existe pour le moment dix-sept procédures judiciaires ouvertes qui ont pour seul objet l'invalidation de l'élection sur la base des zones d'ombres entourant la naissance du président élu. Connaissant le juridisme américain, on peut s'attendre à de nouveaux développements, à moins que le président élu ne rende public son extrait de naissance complet.

Défaite annoncée pour Barack Obama ?

Le président élu Barack Obama ne brille pas par son audace à l'heure de choisir l'équipe avec laquelle il va gouverner les Etats-Unis à partir du 20 janvier prochain. Il a monté ses équipes avec une participation massive de chevaux de retour de l'équipe du président Clinton, dynamitant en quelques jours tous les espoirs de renouveau déposés en lui par ses électeurs, notamment les jeunes blancs idéalistes (et un peu neu-neu) qui ont massivement fait campagne pour lui. Sur certains campus universitaires, le simple fait de ne pas porter un insigne Obama faisait d'un étudiant l'équivalent contemporain d'un criminel contre l'humanité.

Pouvait-il faire autrement ? Non, car il difficile de réunir environ sept mille personnes en mesure de prendre en main le gouvernement fédéral sans faire appel au vivier des démocrates connus. D'autre part, ne pas nommer quelques poids lourds à des postes clef comme le secrétairie d'Etat comportait un risque politique que Obama n'a pas voulu prendre.

Quoi qu'il en soit, par des choix obéissant à la logique des appareils démocrates et des lobbies, Barack a contredit la légende qu'il a bâtie en deux ans de campagne. Il rsique d'en payer le prix prochainement.

C'est très bientôt, le mardi 2 décembre que le président élu va faire face au premier défi électoral qui risque de se transformer en défaite.

L'Etat de Géorgie organise ce jour une élection sénatoriale où s'affrontent le démocrate Jim Martin et le républicain Saxby Chambliss, un homme qui personnifie tous les défauts du Parti républicain : un soutien sans faille au big business et, dans son cas, à l'agri-business. Peu sympathique, assez impopulaire et sans aucune brillance personnelle dans son activité parlementaire, rien ne plaide en sa faveur sinon qu'il porte les couleurs des républicains. C'est probablement cet ensemble contradictoire de facteurs qui explique ce nouveau vote. Selon la loi de l'Etat, pour remporter l'élection il faut engranger 50% des votants plus une voix Chambliss a obtenu 49,75 contre 46,83 pour son adversaire. La présence d'un candidat libertarien compliquant la situation.

Les poids lourds du Parti démocrate sont venus soutenir leur champion tandisque les républicains ont fait de même, McCain en tête. Pourtant, la visite la plus attendue est celle de Sarah Palin. La candidate à la vice-présidente, celle qui fut la victime de la campagne de presse la plus concertée et la plus haïneuse de la part des grands médias, arrive dimanche soir pour un grand gala de soutien à Saxby Chambliss et va entreprendre une tournée de l'Etat jusqu'aux dernioères heures de la campagne électorale.

Alors que les commentateurs politiques patentés et les journalistes à la mode n'ont pas de mots assez durs contre elle, Sarah Palin bat des records de popularité auprès des républicains de base et, si cette tournée passe bien dans les médias locaux, il est possible que le gouverneur de l'Alaska parvienne à mobiliser les indécis et les abstentionnistes de son propre parti, transformant le succès annoncé de Saxby Chambliss en triomphe.

La victoire de ce vilan politicien de droite, serviteur fidèle des intérêts financiers de ses gros donateurs, sera une mauvaise nouvelle pour l'équipe Obama car elle va permettre au Parti républicain de conserver le nombre minimal de sièges au sénat lui assurant la possibilité de perturber le processus législatif démocrate, le « filibustering ».

Toutes proportions gardées, si cette défaite se produit, ce qui pour le moment est probable selon les derniers sondages, elle aura un impact sur l'opinion considérable, un peu comme la réélection d'Alain Peyrefitte en janvier 1982, en pleine vague rose mitterrandienne. Que l'homme le plus vilipendé de la droite française puisse être réélu fut un signe puissant que la France n'étais pas encore une république socialiste.

mercredi 26 novembre 2008

L'Independent et la langue de bois

Le quotidien de gauche britannique The Independent a publie un nouvel article ou le journaliste Basildon Peta pleure des larmes de crocodile sur le sort des Africains qui meurent du cholera une maladie transmise par les eaux usées.

Au sujet du ministre de la santé, le journaliste ose écrire :

He said the health ministry, which once presided over a medical system that was the envy of Africa, had been banned from issuing accurate statistics about the deaths, and that certificates for the fraction of deaths that had been registered were being closely guarded by the home affairs
ministry.

En revanche, le journaliste se garde bien de dire a ses lecteurs qui a organisé ce système de santé qui faisait l'envie de l'Afrique.

Le lecteur a-t-il une petite idée ?




lundi 24 novembre 2008

Du nouveau sur la Vendée

La guerre de la Vendée et le système de dépopulation
Gracchus Babeuf

Cerf, Histoire à vif, 236 p., chronologie, sources, biblio., 24 euros, ISBN 978-2-204-08732-2. Présenté en annoté par Reynald Secher et Jean-Noël Brégeon, introdcution de Stéphane Courtois et avant-propos de Reynald Sécher.


Reynald Secher et Jean-Joël Brégeon (qu'on a connu dans le passé plus timoré) frappent un grand coup avec leur nouvel opus publié par les éditions du Cerf qui décidément ont mangé du lion. On ne les reconnaît plus ! Se seraient-ils enfin mis à l'école de Benoît XVI ?

Le prétexte de cette réédition, car il en faut toujours un, est le soixantième anniversaire de la convention de l'ONU « pour la prévention et la répression du crime de génocide ». C'est un Juif polonais, Rafaël Lemkin, qui avait imaginé le terme. Toutefois, comme le soulignent les auteurs, déjà en 1794 le révolutionnaire français Gracchus Babeuf s'interrogeait sur la nature de la répression exercée sur les Vendéens. Il avait quant à lui imaginé le terme de « populicide ».

En outre, une proposition de loi impulsée par les députés Lionel Lucas et Hervé de Charette vise à la reconnaissance du génocide dont la Vendée a été la victime.

Une des reproductions illustrant l'ouvrage, le rapport de Louis-Marie Turreau, général en chef de l'armée de l'Ouest, au Comité de salut public en date du 24 janvier 1794, qui traite notamment de l'extermination de tous les habitants de la Vendée militaire et à la destruction de leurs biens.

Enfin, les auteurs rappellent cette vérité effrayante : plus de deux cents ans après les terribles événements de la Vendée, les lois d'anéantissement et d'extermination n'ont jamais été abrogées. Qu'attendent nos députés pour le faire ?

Pour ce qui concerne le corps de l'ouvrage, il s'agit d'une nouvelle édition du texte publié par Gracchus Babeuf à l'occasion du procès de Jean-Baptiste Carrier, l'auteur des noyades de Nantes. Gracchus Babeuf, considéré comme le père du communisme, est l'une des grandes figures de la sinistre révolution française.

Dans cet ouvrage, l'auteur s'interrogeait sur la nature de la répression perpétrée par la Convention en Vendée. Il dressé un réquisitoire très bien documenté et d'une totale modernité, contre la politique dictatoriale menée par les Conventionnels avec Robespierre en France entre 1793 et 1794.

Cette politique, rappelons-le, devait conduire à l'anéantissement et à l'extermination des Vendéens, Bleus et Blancs confondus, et de préférence des femmes et des enfants.

Aquarelle anonyme intitulée les Fusillades de Nantes (1793).

Les auteurs sortent des sentiers battus en définissant un quatrième crime le génocide, le « mémoricide » pour décrire les tentatives des thuriféraires de la Révolution d'en occulter les forfaits.

Signalons que son reproduits pour la première fois le texte de la loi d'extermination; la lettre de Turreau, général en chef des armées de l'Ouest, qui explique comment il va procéder pour éliminer tous les habitants de la Vendée, la lettre de Jean-Baptiste Carrier relative aux noyades de Nantes et de nombreuses illustrations peu connues.

Bref, un livre indispensable qu'il faut lire et offrir.

Où est né Barack Hussein Obama ?

Une annonce publiée sur une pleine page par
le Washington Times le 17 novembre 2008.

Les grands médias américains ont tout dévoilé sur Sarah Palin, la candidate à la vice-présidence pour le Parti républicain et ont longuement glosé sur la naissance à l'étranger du candidat McCain ou bien encore sur ses biens immobiliers.

En revanche, les grands journaux ont été nettement plus discrets sur les casseroles que traîne le président élu Barack H. Obama. Cette absence de curiosité a été signalée par plusieurs commentaristes, illustrant de manière caricaturale les penchants politiques de la classe médiatique américaine.

Il est étrange qu'en Europe personne ne rende compte de la persistance de la polémique sur le lieu de naissance exact du nouveau président.

les journalistes ont pris pour argent comptant les affirmations du candidat démocrate et le document que celui-ci a mis en ligne :

L'authenticité de ce certificat a été dans un premier temps mise en doute. Mais les chercheurs ont vite démonté les rumeurs à son sujet.

Un bloggeur démocrate a même mis en ligne la petite annonce informant de sa naissance dans la presse locale.


Pourtant les rumeurs continuent bon train car le nouveau président élu n'a toujours pas fourni une preuve irréfutable de sa naissance aux Etats-Unis comme pourrait l'être la version longue de son extrait de naissance. En voici un exemple :


On retrouve dans cet extrait de naissance la date, l'heure et le lieu de naissance ce que ne dévoile pas l'extrait fourni par l'Etat de Hawaï.

Rien ne prouve que les rumeurs persistantes soient fondées. En revanche, il est incompréhensible que le nouvel élu ne les fasse pas taire et qu'il n'arrête les différentes procédures judiciaires ouvertes à ce sujet en fournissant des renseignements plus complets.

De même, des bloggeurs dissertent à loisir sur des points secondaires, comme le fait que le nouvel élu n'a pas donné de précisions sur son baptême qui aurait eu lieu en 1988 au temple de la Trinité à Chicago.

Alors que l'Amérique et son futur président font face à des défis considérables, ces escarmouches relatives à sa naissance, à sa citoyenneté et à son entrée dans la foi chrétienne peuvent sembler marginales et même un peu loufoques. Toutefois, dans le contexte américain il faut s'attendre à tout et une poignée d'avocats têtus et de bloggeurs obstinés peuvent transformer une présidence en cauchemar.

Obama contre les cathos

L'hebdomadaire des cathos tradis fidèles à Rome qui regardent leur époque sans oeillères.

La presse francophone (et pas seulement elle!) baigne dans le plus parfait irénisme lorsqu'il est question du président élu Barack Hussein Obama. Ce faisant ils ignorent les profonds clivages de la société américaine et le fait que la victoire du candidat démocrate a été acquise au prix d'une radicalisation sur des points très conflictuels, notamment la question de l'avortement.

Ce n'est pas un reproche que l'on peut faire à l'excellent hebdomadaire catholique l'Homme nouveau qui publie en bonne place une chronique de sa correspondante aux Etats-Unis Armelle Signargout consacrée à la montée en puissance d'une opposition catholique au futur président.


Les cathos sont vent debout. Barack va-t-il sentir le vent du boulet ?

En janvier prochain, le nouveau président sera face à un choix difficile. Doit-il respecter la promesse de campagne faite à la frange la plus radicale de la gauche américaine, celle de signer le Freedom of Choice Act qui élimine bon nombre de restrictions imposée aux interruptions de grossesse par les différents Etats de l'Union ? Ou bien doit-il la ranger au magasin des promesses qu'il serait fou de tenir ?

Le risque est grand pour le futur chef de l'exécutif de se créer un problème politique gratuitement. Il offre sur un plateau un motif de mécontentement non seulement aux catholiques, mais aussi à tous la droite évangélique. De quoi unifier tous les front anti-Obama en un seul mouvement.

samedi 22 novembre 2008

Tout seul

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Superbe film diffusé par le site américain Community of veterans pour encourager les Américains à mieux accueillir les soldats à leur retour d'Afghanistan ou d'Irak.

A Madrid, la gauche veut brûler les livres

lLes vrais totalitaires n'apprécient pas les opinions contraires. La militante communistes espagnole Cristina Almeida vient de nous le rappeler en appelant à brûler les livres des historiens de la guerre civile espagnole.

Au cours d'une réunion publique, le 20 novembre dernier à Madrid, en appui au juge Garzon dont les tentatives d'autopromotion viennent de s'achever en désastre juridique, une poignée de militants de gauche, réunissant notamment des artistes subventionnés (affectueusement surnommés « los titiriteros ») et quelques seconds couteaux des partis politiques, ont manifesté leur soutien au magistrat en délicatesse avec sa hiérarchie.

Le juge Garzon, empêtré dans de délicats dossiers judiciaires dont il a le plus grand mal à s'en sortir, et accusé à mots couverts de corruption, avait besoin d'un prétexte pour que les médias aient un os à ronger et ne s'intéressent pas à ses revenus aux origines douteuses. Il n'a rien trouvé de mieux que de vouloir rouvrir les fosses communes où seraient enterrés des « disparus » de la guerre civile, exécutés par les forces du général Franco. Dans cette résolution, il partait du principe que tant que le corps des disparus n'a pas été retrouvé, ils sont réputés encore disparus et les soixante ans écoulés ne changent rien à l'affaire. Mais ce qui a retenu l'attention dans cette résolution, était la demande surréaliste du magistrat de faire vérifier la mort du général Franco.

Or, non seulement Garzon n'est pas compétent pour le faire, mais les faits sont prescrits (tout comme les crimes commis par la gauche) par une loi d'amnistie de 1977. C'est grâce à cette mesure qu'ont pu rentrer en Espagne des centaines d'exilés condamnés par des tribunaux espagnols pour les crimes qu'ils avaient commis durant la guerre. Au premier rang de ces « émigrés », le seul criminel contre l'humanité encore en vie en Europe, Santiago Carrillo, un hommes responsable des massacres de Paracuellos del Jarama. Il vit paisiblement en Espagne et donne des leçons de morale et d'éthique sur les ondes de la Cadena SER.

Vertement tancé par le procureur général Javier Zaragoza dans un écrit qui réduit à néant ses ambitions médiatiques, Garzon bat finalement en retraire dans une résolution dans laquelle il reconnaît finalement son incompétence.

Christina Almeida : d'abord on brûle les livres et après, les auteurs ?

Frustrés, les militants les plus fanatiques de la gauche espagnole ont manifesté leur soutien à ce magistrat incompétent et gaffeur. L'un des participants, l'avocate communiste et ancien député Christina Almeida n'a pas été en mesure de cacher ses sentiments et dans un éclat de rage a déclaré qu'elle souhaitait brûler les livres de tous les historiens qui ne partagent pas sa vision manichéenne de l'histoire. Parmi les auteurs visés, le très populaire César Vidal et le polémique Pio Moa dont les succès en librairie mettent la gauche dans un état de fureur permanent.

Comble de paradoxe, ces belles âmes de la gauche bien comme il faut se sont réunies au circulo de Bellas Artes dans les caves duquel a fonctionné durant la guerre civile un des centres de torture les plus redoutables de Madrid. Mis en place par les socialistes, les communistes et les anarquistes, cette prison clandestine a détenu les personnes soupçonnées de sympathies de droite ou tout simplement des catholiques connus. Elle a aussi servi dans le cadre d'opérations de banditisme pour se débarrasser des propriétaires des maisons et appartements que les « chequistes » avaient vidé de leur contenu.


Manuel, le papa de Cristina Almeida
ne cachait pas ses opinions de droite.


Pour en finir avec Cristina Almeida, son père Manuel fut un adversaire résolu du front populaire. Journaliste dans le quotidien catholique Hoy publié à Badajoz, il fut arrêté par les républicains au début de la guerre civile et enfermé dans une checa de la ville, d'où son frère Antonio l'a libéré les armes à la main, avec les troupes du général Yagüe, peu de temps avant son probable assassinat.


La presse locale rend compte de l'engagement de leur collègue 
Manuel Almeida pour la durée de la guerre.

Plus tard, le digne père de cette militante communiste s'engagea comme volontaire dans un tercio et, après la guerre, il devient une des principales personnalités du régime dans la province.

Le passé de la militante communiste Cristina Almeida est celui d'une bonne partie de la gauche espagnole. Ils ont à effacer la tache de ne pas avoir des origines pures et prolétariennes. En grande majorité, ils sont les rejetons privilégiés de la dictature, bénéficiant de bourses et de prébendes quand les véritables oppositeurs au franquisme connaissaient la prison et l'exil. Ces premiers défenseurs de la liberté sont aujourd'hui devenus des adversaires de la gauche comme Fédérico Jiménez Losantos o Pio Moa. Un livre récent rappelle leur itinéraire.



Por qué dejé de ser de izquierdas
Javier Somalo y Mario Noya. Prólogo de Javier Rubio. Epílogo de César Vidal.
Ciudadela. Madrid, 2008. 238 pp. 18,50 €

Le vrai visage de la violence

Les bourgeois friqués lecteurs de Libération aiment la révolution en douceur, celle que l'on fait et refait interminablement assis à la table des cafés à la mode. Ils ignorent tout de la réalité de la violence révolutionnaire et du prix qu'il faut payer quand on la subit ou quand on la fait.

Pour leur ouvrir les yeux, quelques photos extraites de l'attaque le 23 janvier 1989, de la caserne de la Tablada près de Buenos Aires en Argentine, par des guérilleros d'extrême gauche lors de la présidence du social-démocrate Raul Alfonsin.


La grande majorité de ces photographies n'ont jamais été vues en Europe. Pas assez glamour.




Guérillero abattu par la police. Sa tête a été écrasée par un des chars de l'armée. L'horreur ordinaire de la guerre.

Jeune policier de Buenos Aires qui subit son baptême du feu sous le tir des guérilleros du MTP (Movimiento Todos por la Patria).


Un autre guérillero mort lors de l'explosion d'un véhicule atteint par les coups d'un canon de 20 mm mis en œuvre par l'armée. Le corps du malheureux a été dévêtu par la force du souffle.

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La télévision retransmettait les événements en direct à tout le pays.


Pas de cadeaux. Des prisonniers, comme ci-dessus José A. Díaz, sur une photo prise par un journaliste du quotidien Clarín au moment où il se rend à un soldat, n'ont jamais été revus en vie. Ils ont probablement été sommairement exécutés.

Au cours du nettoyage de la caserne, un commando capture un guérillero.

Un site d'extrême-gauche donne la version des guérilleros. A lire avec les précautions d'usage. Toutefois le témoignage sur ce qu'ont vécu ces hommes condamnés à la perpétuité dans les prisons montre qu'en ce qui se réfère à la répression, la démocratie n'est pas plus tendre que la dictature.

jeudi 20 novembre 2008

Napoléon aux Invalides

Napoléon 1er. Lettre à Murat, roi de Naples. [Paris], 29 mars 1815. Lettre autographe signée de ses initiales. 2 p. (coll. privée / Aristophil, Paris).



L’Aigle et la Plume

Un ensemble unique de lettres de Napoléon Ier exposé au Musée de l’Armée Hôtel des Invalides, Eglise du Dôme, 3 décembre 2008- 1er mars 2009 La plus importante collection privée de lettres et manuscrits de l’Empereur Napoléon Ier, est présentée aux Invalides.

Déclaration du personnel de Napoléon à Sainte-Hélène. Longwood, le 18 avril 1816. Précieux et émouvant manuscrit de 1 p. in-folio : les personnes au service de l’Empereur à Sainte-Hélène lui jurent fidélité et demandent à rester attachées à son service. Signatures de Cipriani (officiellement : maître d’hôtel), Lepage (cuisinier), Santini (huissier), Marchand (premier valet de chambre), Archambault jeune (cocher), Archambault (frère aîné du précédent, piqueur, cocher), Pierron (chef d’office), Joséphine [Brulé] (femme de chambre de la comtesse de Montholon), Noverraz (second chasseur de l’Empereur), Gentelini (valet de pied), Rousseau (argentier et lampiste). Si ce n’est les fonctions reprendre les orthographes (coll. privée / Aristophil, Paris).



Aujourd’hui grâce, à la société Aristophil, présidée par Gérard Lhéritier, une collection unique de documents d’époque, réunis pendant une trentaine d’années aux Etats-Unis, retraverse l’Atlantique pour revenir en France. Elle sera exposée aux Invalides, en partenariat avec la Fondation Napoléon, puis au Musée des Lettres et Manuscrits. Cet ensemble est la plus importante et la plus riche collection en mains privées jamais constituée autour de Napoléon Ier, rassemblant plus de 500 précieux documents. Toute la vie de l’Empereur est ici retracée, depuis les débuts du jeune lieutenant amoureux jusqu’aux dernières volontés du captif de Sainte-Hélène.

Serviette de dépêches historiques de l’Empire français donnée par Napoléon au général Trobriand à Moscou pour porter des lettres au prince Eugène. Maroquin rouge, caractères dorées et bordures ornées d’une treille, fermoir en laiton argenté, intérieur doublé de cuir vert et plissé en accordéon (coll. privée / Aristophil, Paris). (© photo Loren Leport).


Napoléon et les femmes Une lettre du jeune Buonaparte âgé de seize ans, amoureux timide d’une jeune fille de Valence. Dix ans plus tard, c’est un Bonaparte fou éperdu de Joséphine à travers une des plus belles lettres d’amour : « Je n’ai pas passé un jour sans t’aimer ; je n’ai pas passé une nuit sans te serrer dans mes bras ».


Bonaparte. Lettre à Joséphine. Nice, 10 Germinal IV [30 mars 1796]. Lettre autographe signée Bonaparte, 3 p. (coll. privée / Aristophil, Paris).


Le chef militaire

C’est encore l’extraordinaire proclamation aux soldats, quatre jours avant Waterloo : « Soldats ! nous avons des marches forcées à faire, des batailles à livrer, des périls à courir […] Pour tout Français qui a du coeur, le moment est arrivé de vaincre ou de périr ! ».

Bonaparte. Lettre à Murat, son aide de camp à Paris, Tortona [Italie], 16 Floréal [5 mai 1796]. Lettre autographe signée Bonaparte, 1 p. (coll. privée / Aristophil, Paris).

La politique et l’homme d’Etat La lettre du Premier Consul, chef d’un « gouvernement solide » tenant tête au Roi d’Angleterre qui refuse ses offres de paix : « Georges, tu veux la guerre ! Nous la ferons ! » Les douze pages de cette étonnante réponse au Roi d’Angleterre se termine ainsi : « La Nation, pacifiée au-dedans, déjà s’élance au dehors dans l’attitude de la puissance et de la gloire…malheur aux vaincus ». Autre document d’exception, un manuscrit inédit de treize pages, composé des notes de lecture de Napoléon sur la « Recherche sur la Nature et les Causes de la Richesse des Nations » d’Adam Smith.


Cette exposition est à voir au musée de l’Armée - Hôtel national des Invalides ww.invalides.org. Tlj sf 1er lundi du mois et jours fériés (25 déc et 1er janv) de 10h à 17h. Tarif lein : 8€ (8,5€ à partir de janv 2009) / Tarif réduit : 6€ (6,5€ à partir de janv 2009)

Franco est mort

Carmen Polo, l'épouse du général,
interprétée par Vicky Peña auprès de son époux.


Oui, la nouvelle est étonnante. Personne ne s'en doutait. Il a fallu l'intervention du juge mégalomane Baltazar Garzon pour découvrir que l'ancien chef de l'Etat espagnol était mort et bien mort. Quant aux rois catholiques et à Philippe II on n'est pas encore certains de leur décès car le magistrat ne s'est toujours pas prononcé.

On comprend mieux la décision d'Antena 3 de programmer une docu-fiction sur la mort du généralissime ce soir. Sous le titre 20N: Los últimos días de Franco, une brochette d'acteurs portent à l'acrn les personnages clef de cette époque. Manuel Alexandre (Bienvenido, Mister Marshal, El verdugo et Los ladrones van a la oficina) joue le rôle de Francisco Franco. Vicky Peña (Manolito gafotas), Carmen Polo, l'épouse du général, Fernando Cayo (El orfanato). incarne prince héritier Juan Carlos.

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Un extrait du téléfilm, quand les médecins prennnent la décision d'opérer Franco dans son palais d'El Pardo.



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La dernière apparition publique de Franco en octobre 1975 devant 200 000 personnes rassemblées sur la place d'Orient à Madrid pour protester contre les récations européennes à la suite de l'exécution de membres de l'ETA.

mercredi 19 novembre 2008

Maos à la ramasse

Le 25 février 1972: Jean-Antoine Tramoni (au centre), vigile aux usines Renault, va tirer sur l'ouvrier maoïste Pierre Overney (à gauche, de dos). Christophe Schimmel, 18 ans à l'époque, photographie la scène.


Il a été de bon ton de se gausser des gauchistes recyclés dans le marketing et la presse, passant du col Mao au Rotary. Il faut croire que cette solution d'embourgeoisement à toute allure convenait mieux à ces fils de la bourgeoisie transformés pour un temps en révolutionnaires.

Contrairement à leurs frères ennemis de l'extrême-droite, les petits soldats de la guerre des classes, séduits par la dictature du prolétariat et rêvant de plonger la France dans des années de plomb à l'italienne, n'ont pas survécu à l'effondrement de leurs rêves. Sans doute ravagé par la mauvaise conscience, Libération, le journal officiel des bobos a publié le portrait de Christophe Schimmel, un de ces militants désenchantés, passé sans transition de la grande bourgeoisie à la guerre subversive. Un texte intéressant même si très indulgent.

L'exemple de ce jeune paumé n'est pas sans rappeler ses frères de l'extrême-gauche argentine qui se sont donnés corps et âme à la guérilla contre le gouvernement péroniste au début des années 1970. Je me souviens que la lecture des noms de la soixantaine de morts communistes tués lors de l'attaque de la caserne de Monte Chingolo révélait une absence quasi totale d'ouvriers et une présence massive de fils de la bourgeoisie citadine, facilement identifiable à leurs noms patronymiques.


Tombés pour les maos
Quarante ans après Mai 68, que sont devenus les «soldats perdus» de la Gauche prolétarienne (GP) ? Quelle a été la trajectoire de ceux qui ne se sont pas remis de la dissolution en 1973 de cette organisation maoïste née dans le sillage des événements de Mai, et qui fut à l’origine du journal que vous avez entre les mains ? Le parcours de Christophe Schimmel en donne une idée.

Partons d’une image : celle qui montre Jean-Antoine Tramoni, agent de sécurité chez Renault, tirer de sang-froid sur l’ouvrier maoïste Pierre Overney. C’était le 25 février 1972, à 14 h 30, à l’usine de Boulogne-Billancourt. Christophe Schimmel, 18 ans à l’époque, était devant les grilles de l’avenue Émile-Zola avec d’autres militants de la Gauche prolétarienne. Photographe, il a capté toute la scène avec son Seagull, mauvaise copie chinoise de Rolleiflex.

Ses images, reprises par la télé et tous les journaux, vont avoir un impact énorme : elles démentent la thèse officielle de la légitime défense. La mort de «Pierrot» Overney est un assassinat. Le mouvement maoïste tient son premier martyr. Avec trois conséquences. Un : pour éviter d’autres morts et une spirale de la violence (plus quelques autres différends), les dirigeants de la GP décideront l’année suivante la dissolution de l’organisation. Deux : l’Agence de presse libération (APL), qui diffuse les photos, verra sa notoriété bondir instantanément. La petite agence militante pourra donner naissance, une grosse année plus tard, au quotidien Libération. Trois : la vie du photographe militant basculera. Aujourd’hui replié dans le Lot, sans emploi, dépressif, cet homme de 54 ans vit dans l’amertume : «Ces photos, on a fini par me les reprocher. Elles rappellent ce qui s’est passé, et que beaucoup ont préféré oublier.»

De déconvenues en overdoses

Schimmel fait partie de ceux qui n’ont pas supporté que l’on siffle la fin du rêve. Combien furent-ils ? Peut-être 200 ou 300, sur un total d’un millier, mais personne n’a de chiffres précis : cette histoire-là reste à écrire. Certains ont dérivé vers le mouvement autonome, d’autres vers une marginalité faite de braquages et/ou de drogue.

D’autres encore ont mis fin à leurs jours. Schimmel a fait plusieurs tentatives de suicide dans les années 1970. Il affirme que quinze des trente-cinq jeunes qu’il a recrutés pour la GP (il était alors un des éléments actifs du «mouvement de la jeunesse») sont décédés dans des circonstances tragiques dans les années suivant la fin du mouvement maoïste : suicides, overdoses, et même attaque en solo du commissariat d’Argenteuil à coups de cocktails Molotov pour l’un d’eux. C’est parmi les plus jeunes et les ouvriers que les dégâts auraient été les plus manifestes. Sans être nécessairement représentatif, le parcours de Schimmel donne une idée de cette errance. Christophe entre à la GP en 1969 à l’âge de 15 ans. Sa mère, Cécile Hallé, est une grande bourgeoise délurée qui a transformé son immense appartement de la rue de Rennes en salon foutraque où se croisent Sartre, Clavel, Fromanger, et les futurs dirigeants de la GP. A la demande de l’organisation, Christophe abandonne le lycée (classe de seconde à Montaigne) pour se consacrer à la révolution. Il n’a aucune culture politique mais une forte envie d’action.

Première déconvenue : à l’été 1970, il n’est pas désigné parmi les dirigeants du «mouvement de la jeunesse» - aux côtés d’Antoine de Gaudemar (ancien directeur de la rédaction de Libération) et Frédéric Joignot (aujourd’hui reporter au Monde et créateur de la revue Ravages) - car les lycéens veulent… des lycéens à leur tête. En outre, des témoins de l’époque se souviennent de Schimmel comme d’un «chien fou», «vif argent», «fragile», avec lequel le dialogue était difficile.

Il met alors son talent de photographe - hérité de sa mère, qui fait des photos pour l’école des Beaux-Arts - au service de l’APL, tout en participant aux réunions de l’organisation, où le fondateur Benny Lévy définit les «stratégies de lutte». Impression des tracts la nuit, baston aux portes de Renault le jour, distribution du bulletin ronéoté de l’agence. «Je ne sortais pas, je ne buvais pas, je ne fréquentais aucune fille : j’étais destiné à la révolution.»

En mai 1972, le voici à Thionville (Moselle) avec l’équipe de l’APL pour soutenir la grève des caissières des Nouvelles Galeries. Dans une camionnette Ford jaune, les professionnels viennent mettre leurs compétences au service des travailleurs pour faire un journal de lutte. «Les idées justes viennent du peuple», a dit Mao. Ainsi est réalisé le numéro 2 de Pirate, préfiguration de Libé sur huit pages agrafées, au format demi-A4. «C’était la première vraie lutte dans une grande surface,se souvient Schimmel. L’ambiance était plus VLR [Vive la révolution, mouvement gauchiste nettement moins orthodoxe que la GP, ndlr] que marxiste-léniniste. Ça baisait dans tous les coins, une partouze permanente.» C’est ainsi que Christophe rencontre Lydie. A Thionville, il y a aussi Antoine de Gaudemar, Jean-René Huleu, Christian Poitevin, qui n’en ont pas tous gardé le souvenir d’une atmosphère aussi débridée.

Quelque temps plus tard, Schimmel est invité à un séminaire de la GP près d’Avignon.«C’était un traquenard. Je me suis retrouvé obligé de faire mon autocritique, face à des gens comme Benny Lévy ou Joseph Tournel[ancien mineur, dont on apprendra plus tard qu’il était un indic], parce j’avais une liaison. J’ai servi d’exemple, de jeune intellectuel à châtier. On devait mourir pour la révolution, pas nouer des liens avec les vendeuses.»

Quelques semaines plus tard, le retour à Paris est difficile. On fait comprendre à Schimmel qu’on ne veut pas de lui dans l’aventure Libération. Pas assez pro. Le service photo lui demande de faire ses preuves, «alors que j’avais créé la photo à l’APL et que j’avais fait les clichés d’Overney !»

Par ailleurs, la mère de Christophe, Cécile Hallé, se fâche très fort avec la GP et Libé : elle vient de vendre son immense appartement pour payer des locaux au journal, or celui-ci n’en veut pas et Cécile se retrouve le bec dans l’eau. En soutien, Maurice Clavel, un des fondateurs de l’APL, envoie une lettre de démission : «Cette compagne de la première heure nous a sacrifié son job, ses jours, ses nuits, sa santé et, je le crains bien, sa maison.» Discrètement, le philosophe offrira à Cécile les droits d’auteur de deux de ses livres pour la tirer de ce mauvais pas.

Christophe rompt et arrête la photo. «Je me suis retrouvé sans travail, avec un enfant, sans ressources, totalement abandonné.» Errance, fréquentation des milieux autonomes, petits casses. «J’étais resté maoïste, alors que les autres avaient tiré un trait là-dessus. Et j’étais si jeune : la GP avait été ma seule famille depuis l’âge de 15 ans.»

Tourner la page

En 1975, Gilles Luneau, un ancien de la GP, récupère Schimmel, qu’il fait travailler avec lui dans un magasin de photos en Bretagne. «Je lui avais demandé un peu de matériel, il est arrivé un jour avec une voiture pleine à ras bord, se souvient Luneau, aujourd’hui journaliste et écrivain. Il était toujours plein d’enthousiasme, le cœur sur la main.»

Puis c’est Christian Poitevin qui lui trouve des petits boulots à Marseille. Schimmel reste en contact avec les milieux autonomes. La suite de son itinéraire est chaotique : divers jobs dans l’audiovisuel à Paris, un long parcours avec le PS où il devient numéro 2 du service d’ordre, installation dans le Lot, création d’un garage associatif. Et toujours l’esprit de lutte : il a fait récemment deux grèves de la faim pour protester contre la menace de fermeture de lignes et gares SNCF, il s’est présenté aux dernières législatives soutenu par un collectif antilibéral.

L’an dernier, des déboires familiaux l’ont mené à la dépression. Il vivote aujourd’hui sans maison ni salaire, avec toujours «une profonde douleur au fond de moi».«J’avais réussi à la contenir pendant des années, mais le 40e anniversaire de Mai 1968 a ravivé tout cela.» Enfin, il y a un sentiment de culpabilité : «Tous ces types que nous avons entraînés là-dedans, et qui sont morts. Nous sommes responsables.»

Schimmel n’est pas le seul à avoir vu tomber ses camarades autour de lui. L’écrivain Sorj Chalandon, ancien de la GP et qui fut de l’aventure Libé dès 1973, a perdu quatre proches : «Yves et Jean-Yves se sont pendus, Jean-Denis s’est tiré un coup de fusil à pompe dans la tête, Jean-Marc a été abattu lors d’une altercation dans un bistrot de Stains.» Mais, contrairement à Christophe, Sorj ne fait pas le procès des dirigeants de la GP. «Nous avons connu cette époque et cette ambiance incroyables, entre maquis et scouts de France. Et puis nous avons été rejetés et ramenés à notre solitude, c’est ainsi.» Chalandon avait intégré le «mouvement de la jeunesse» en 1971, à l’âge de 19 ans. «Certains s’en sont mieux tirés que d’autres. On m’a dit : "Toi, tu as de la chance, tu peux écrire." Il est vrai que si Libé n’avait pas existé, pour certains c’était peut-être la prison ou le suicide.»

Le mouvement mao a-t-il permis à quelques têtes brûlées, en les canalisant dans des luttes, de vivre quelques années de plus ou, au contraire, a-t-il abrégé ces vies ? Sorj Chalandon se garde de trancher, notant toutefois : «Je ne connais pas de chefs maos qui se soient suicidés.»

Gilles Luneau se souvient : «On croyait qu’on allait changer le monde, on était drogué à la pureté. Après, certains sont devenus voyous, camés ou religieux. Mais je ne garde aucune amertume. Au contraire, je me nourris toujours de cette époque-là. Il ne faut pas y repenser avec aigreur.» Schimmel n’aurait pas su tourner la page.

Ceux, lycéens ou ouvriers, qui se sont construits avec la Gauche prolétarienne ont dû ensuite se reconstruire. «Tout le monde s’est retrouvé largué dans la nature, les plus vieux s’en sont mieux sortis que les plus jeunes, se souvient Antoine de Gaudemar, qui lui-même a vécu deux ans en communauté à Villemomble après l’éclatement de la GP. Christophe était très jeune et vulnérable, je me sentais un peu en position de grand frère. Peut-être n’était-il pas assez armé pour faire face à ça.»

Christophe Schimmel a lui-même voté pour la dissolution de la Gauche prolétarienne : «Je l’ai fait la mort dans l’âme. Mais on était dans un état de délabrement total, on faisait faire des conneries aux jeunes. Et puis nous n’avions pas les moyens de passer à la lutte armée.» Mais Schimmel reproche aux dirigeants de la GP d’avoir laissé tomber tous ceux qu’ils avaient entraînés dans l’aventure, puis d’avoir réécrit l’histoire en ne retenant que ses bons côtés. Critique parallèle à celle qu’a faite Morgan Sportès, au printemps dernier, dans son ouvrage Ils ont tué Pierre Overney (Grasset), que Schimmel trouve «pas fausses» mais «sous-estimant la sincérité de l’engagement militant»et «cédant trop à la théorie du complot».

Il aurait fallu savoir tourner la page.«Hélas pour moi, il y avait ces photos de 1972, j’étais une mémoire de ce qui s’était passé», constate Christophe Schimmel, qui assure n’avoir jamais touché un centime pour ces clichés.

lundi 17 novembre 2008

Carrillo bientôt inculpé ?

Carrillo en tournée de promotion.

Le journaliste César Vidal a publié une vigoureuse chronique dans les colonnes du quotidien La Razon où il réaffirme la culpabilité de Carrillo dans les tueries de Paracuellos del Jarama en 1936. Le texte rappelle aussi le fanatisme de l'alors jeune communiste qui n'hésita pas à dire qu'il aurait bien volontiers tué son propre père (le socialiste Wenceslao Carrillo), coupable d'hostilité à l'égard des intérêts soviétiques.
César Vidal ne regrette pas la loi d'amnistie de 1977 qui a permis que des hommes aux mains rouges de sang comme Santiago Carrillo puissent revenir en Espagne. Il est bon de tourner la page. Mais, souligne-t-il, si le juge Garzon poursuit sa bizare entreprise de vouloir poursuivre les crimes impunis imputables aux franquistes, tous morts depuis, il est inévitable qu'un jour la justice se tourne un jour ou l'autre vers le seul criminel contre l'humanité encore en vie en Europe : Santiago Carrillo.


Sin duda, uno de los documentos más terribles que he leído a lo largo de mi vida es una carta que Wenceslao Carrillo escribió a su hijo Santiago en 1939. Wenceslao era un socialista histórico que, como tantos otros, a finales del conflicto se había percatado de que la victoria del Frente popular sería el triunfo de Stalin y deseaba acabar con el derramamiento de sangre cuanto antes. Fue por ello por lo que se sumó al golpe de estado del coronel Casado que derribó a Negrín, el socialista que había enviado el oro español a la URSS y había pactado con los agentes de Stalin convertir a España en una dictadura títere de Moscú. La reacción de Santiago Carrillo ante el comportamiento de su padre fue verdaderamente desalmada hasta el punto de afirmar que si hubiera estado en su mano habría dado muerte al que le había dado el ser. La respuesta de Wenceslao fue una misiva conmovedora en la que se resistía a aceptar la catadura moral de su hijo e insistía en que era bueno, pero Stalin lo había enredado. Quizá. Pero otros -que no tenemos lazos de sangre con Carrillo- no estamos sujetos a obligación alguna de observar con esa ciega benevolencia determinados comportamientos. Porque las pruebas de su papel directo en las matanzas de Madrid son innegables. Permítaseme citar dos. La primera corresponde a Gueorgui Dimitrov, factotum de la Internacional Comunista, que el 30 de julio de 1937, informaba de la manera en que proseguía el proyecto de toma del poder del PCE en el Gobierno del Frente Popula indicando: «Cuando los fascistas se estaban acercando a Madrid, Carrillo, que era entonces gobernador, dio la orden de fusilar a los funcionarios fascistas detenidos». La segunda es de otro compañero de Carrillo, otro agente de Stalin llamado Stoyán Mínev Stepanov, delegado en España de la Komitern de 1937 a 1939 que redactaba en abril de 1939 un informe sobre las causas de la derrota en España y, al hablar de la resistencia que había plantado algunos socialistas al avance del PCE decía: «Provocan la persecución contra muchos comunistas incluido Carrillo por la represión arbitraria de los fascistas en otoño de 1936». No otra cosa indicaría Galíndez al hablar de cómo millares de fusilamientos se debieron no a incontrolados sino a la consejería de orden público -la de Carrillo- o el propio Carlos Semprum Maura que me contó cómo, décadas después, Carrillo contaba en corrillos que él había sido el responsable de las matanzas de Paracuellos, justificándolas como un avatar de la guerra. Gracias a la ley de amnistía de 1977, pero, sobre todo, al deseo de reconciliación de todos los españoles, Carrillo no se sentó ante un tribunal para responder de crímenes contra la Humanidad. Sin embargo, si Garzón continua con su esperpento, es posible que un día en primera plana encontremos la noticia de cómo Carrillo -el que fue nombrado doctor honoris causa por Gabilondo y cenó con ZP- es convocado ante un tribunal internacional para responder por los cinco mil fusilados de Paracuellos. De ser así -y bien sabe Dios que no lo deseo- sospecho que del proceso no podrá librarlo ni el comparecer en los programas más escandalosos de la telebasura, porque si hay algo de lo que no me cabe duda es de que Carrillo es culpable.

dimanche 16 novembre 2008

Une espionne de la « paix »

Le compagnon de route des communistes Cynthia Roberts photographiée en 1979 quand elle espérait décrocher un siège de député aux Communes sous les couleurs travaillistes.


Cynthia Roberts, espionne communistes en retraite,
photographiée à Prague la semaine dernière.



Le quotidien Daily Mail a sorti ce matin un nouveau scandale de l'espionnage communiste au Royaume-Uni durant la Guerre froide.

D'après des documents extraits des archives de sécurité tchèques, Cynthia Roberts, sous le nom de code de «Marteau», a rédigé des rapports sur d'importantes figures du conservatisme britannique et animé un mouvement pacifiste aux ordres de Moscou.


Labour was rocked by a Cold War spy scandal last night over allegations that a Party activist linked to two members of Tony Blair's Cabinet spied for the Czech Government when the country was controlled by the Soviet Union.
Left-wing activist Cynthia Roberts, who stood as a Labour Parliamentary candidate, worked for the Communists under the codename Agent Hammer, according to documents obtained by The Mail on Sunday.
The files, held by the Czech security service, state that she wrote secret dossiers for the communist regime on Tory politicians including Margaret Thatcher and ex-Cabinet Minister David Mellor after moving to Prague in 1985. She also gave the Czechs details of a British arms factory.

Mrs Roberts moved to the Czech capital from London, where she used a House of Commons office to run the controversial Labour Action for Peace (LAP) group, which opposed nuclear weapons, and had links to Soviet Moscow.
Labour MPs involved in the group, which still exists today, included two politicians who went on to serve in Mr Blair's Cabinet, Foreign Secretary Robin Cook and Transport Minister Gavin Strang.

Other prominent Labour MPs linked to LAP include Tony Benn, Dennis Skinner and Jeremy Corbyn.
The disclosures are a reminder of how close some elements of the Labour Party were to the Soviet Union before the fall of communism 20 years ago.
Russia's KGB and its allies in other Eastern bloc nations such as Czechoslovakia targeted Labour politicians and other Establishment figures known to have Left-wing sympathies in an attempt to unearth information that could be used against the West.
The Cold War led to a series of major spy scandals in Britain, most famously the spy ring of Guy Burgess, Anthony Blunt and Kim Philby.
Astonishingly, Mrs Roberts's activities, including her move to Prague, appear to have escaped the attentions of British security services.
As honorary secretary of LAP, much of Mrs Roberts' work was conducted from the Commons office of Scottish Labour MP Willie McKelvey, who is thought to have provided her with a Parliamentary pass.
In 1983, when Mrs Thatcher had enraged the Russians by allowing the US to base nuclear missiles in Britain, Mrs Roberts accompanied Mr Cook and Mr Strang on a five-day trip to Moscow.
The files held by the Czech secret service state her role was 'to contribute towards the downfall of capitalism'. They say she boasted of working for the East Germans and was sent on 'missions' by her Czech handlers.
In one report, Mrs Thatcher was referred to by the codename ‘Sako’, which means ‘jacket’ in Czech.
Roberts' file on David Mellor, written in 1988 when he was a Foreign Office Minister, said she did not know if Mr Mellor 'has any weakness for women.'
Asked yesterday if she considered herself a traitor, Roberts, who still lives in Prague, said: 'I have nothing to say. I was not a spy.'

L'agent Marteau, un espion bien particulier

With her headscarf tied tightly against the November chill, she looks like any other pensioner going about her daily business in Prague. But this 72-year-old, who once worked in the heart of Westminster alongside such leading Labour Party figures as Robin Cook, is at the centre of extraordinary claims that she spied for Eastern Bloc regimes under the codename Agent Hammer.


L'espionne communiste à la retraite Cynthia Roberts
sort de son HLM déposer ses ordures.

According to documents held by the Czech security service, Cynthia Roberts, who stood as a Labour candidate in the 1979 General Election, provided intelligence dossiers on Margaret Thatcher and David Mellor after she, her husband and two teenage children moved from London to Prague in 1985.
Despite being highly unusual, the family’s relocation to the Czech capital appears not to have attracted the attention of the British security services.
In the five years before she emigrated, Roberts was honorary secretary of Labour Action for Peace (LAP), which was then a highly influential anti-nuclear group. Much of her work was carried out from the House of Commons office of Labour MP William McKelvey, who represented Kilmarnock from 1979 until 1997.
The Left-wing pressure group was founded in 1940 and is still active today, describing itself as ‘an organisation of Labour Party members and supporters working for peace, socialism and disarmament, and seeking to make these issues the forefront of Labour Party policy’.
During its heyday in the early Eighties, LAP staged a series of high-profile meetings at party conferences and inside the House of Commons.
Among the prominent Labour figures who were active within the group were Cook, who served as Foreign Secretary during Tony Blair’s administration, and Gavin Strang, who was Transport Minister from 1997 to 1998.
According to a newsletter published by the LAP, Roberts accompanied Cook and Strang on a five-day trip to Moscow in December 1983.
Other leading Labour figures associated with the LAP during Roberts’ tenure include Tony Benn, who wrote an article about Nato for the group in 1985, and former executive committee member Dennis Skinner.
The claims that Roberts worked as a spy will further fuel concerns that leading Labour politicians were sympathetic to communist regimes during the Cold War.
The documents held by the Czech security service Statni Tajna Bezpecnost (STB) and seen by this newspaper reveal that Roberts apparently boasted of working for the East Germans while based at Westminster, and later was sent on ‘missions’ by her Czech handlers.
About 100 pages of the files still exist, although references within them suggest that a further 600 pages are missing – almost certainly destroyed as communist bosses attempted to cover up details of their activities when the country was swept by democratic change.
But the pages that remain paint a damning picture of her role, which, in the words of her STB handlers, was ‘to contribute towards the downfall of capitalism’.
They consist of two reports written in English, apparently by Roberts, and a series of handwritten accounts in Czech prepared by security chiefs detailing their meetings with her and the tasks they set her. The surviving files detail a total of 19 meetings between Roberts and her STB contacts.
Last week, The Mail on Sunday tracked down Roberts to a communist-era block of flats on the outskirts of Prague. The name plate on her letterbox in the entrance hall reads ‘Robertsovi’ and bears the message ‘Please do not post advertising fliers in this mailbox’.


Le communisme ne paye pas. Le clapier à lapins où vit l'espionne. A ces conditions, il vaut mieux travailler pour la CIA.

Mrs Roberts carried out the rubbish from her fourth-floor apartment in the drab prefabricated block, which overlooks the rest of the huge graffiti-scrawled estate on one side and a busy ring road on the other.
Asked why she had spied for the STB against Britain and whether she regarded herself as a traitor, she said: ‘I do not want to talk to you. I do not talk to the Press.’
She refused to discuss whether she had worked for the Soviet intelligence services either in Britain or after she moved to Prague.
When told we had a copy of her file, which stated that she was an STB agent, she said: ‘I have nothing to say. I was not a spy.’
Asked whether she should be prosecuted for her treachery, she said: ‘I have no quarrel with Britain. I am sorry but I am not going to talk to you.’
According to STB files, the Roberts family arrived in Prague on October 19, 1985. Mrs Roberts was accompanied by her photographer husband Denis, daughter Mary, then 19, and 15-year-old Christopher.
Their departure from Britain was mentioned in the 1985 LAP annual report, which says: ‘Cynthia Roberts, who has been honorary secretary of LAP for five years, went with her husband to live in Czechoslovakia.’
She was given a job as an editor with the state-run news agency on a monthly salary of 5,000 Czech koruny (about ?150 at today’s exchange rates) – at least double the average wage. But the files make clear that her main role was to work for the STB.
Initially given the codename ‘Kilburn’, Roberts appears to have so impressed her handlers in the first few months after arriving in Prague that her status was upgraded to ‘agent’ and she was given her new codename, Hammer.


Cynthia Roberts se fait désormais appeler Robertsovi. Sur sa boîte aux lettres elle précise qu'elle refuse la publicité. Le paradis ex-rouge contaminé par le capitalisme.

A file entry dated April 2, 1986, says Roberts was to be ‘used on the problems of British intelligence services’.
It says she would also be used to ‘gain information on the internal politics of Great Britain [and answer] questions of the peace movement in capitalist countries and in Britain specifically’.
The entry goes on: ‘KILBURN can be evaluated as a person valuable for operational use from the side of intelligence work. To gain her co-operation we can use her satisfaction with her stay in Czechoslovakia ... and her good relations with the whole communist ideology. [Roberts] will continue to be used for British problems.’
One of her first jobs was to complete a report and character assessment on Margaret Thatcher who, the file reveals, had been given the codename ‘Sako’ – which means ‘jacket’ in Czech – by the STB.
This document is missing from the file, but it appears that Roberts completed the report.
A file dated April 15, 1987, returns to the subject of her work on Prime Minister Thatcher. ‘Top Secret.
16.15 KILBURN contacted in Slezka Street, Prague, and taken in a 'company' car to another location, a private flat, named as 'Balt'.
'We then talked to Kilburn about the state of her work on Sako [Thatcher], and she said that she had already finished the report and only had to type it up and make some corrections.
'We told KILBURN we greatly valued her help and said we would like to continue our co-operation and expand it. KILBURN was visibly delighted with our valuing her work.
'We told her we were interested in raising our co-operation to a higher level and that we would ask her for information and character analysis of people she knew from her previous political activities in Great Britain.’
The file adds: ‘We said that we had to have guarantees that she would remain silent on these matters and on our meetings. KILBURN said these issues were clear.’


Cynthia Roberts photographiée avec son époux Denis. Ce cliché a été publié dans le livre qu'ils ont consacré au pacifisme : How To Secure Peace In Europe, publié en 1985, en pleine crise des euro-missiles.

The document adds: ‘At the end after we explained our reasons [for protecting her identity] she chose the codename HAMMER.’
At the meeting, Roberts was told she would meet her handlers at least once a month. She was given a number to contact in case of ‘urgency’ and the password to be used: ‘I have many regards from Vaclav for you.’
She was also asked to produce a detailed report on the then head of the Campaign for Nuclear Disarmament, Meg Beresford.
The STB officer reports that Roberts ‘willingly agreed to co-operate’ and also agreed to ‘recruit help’ – suggesting she actively tried to persuade others to spy for the Soviet Bloc.
But it is Roberts’ typewritten report on Beresford that gives the only clue to her activities in the UK while working at the House of Commons.
In the undated document, Roberts says she suspects that Beresford is a CIA plant and claims Beresford is involved in ‘subversion’ in East Germany, encouraging groups of dissidents to set up ties with churches in the country.
She suggests Beresford also attempted to organise women’s rights groups and was preparing them for mass protests, including calling on soldiers to become conscientious objectors.
The papers add: ‘The most interesting feature of all was that after I reported these facts to the [East German] embassy in London, some time later I was told by the diplomat with whom I used to work that the information had been extremely useful and was found to be accurate.’
This reference is the only indication that she may have been engaged in espionage before she moved to the Eastern Bloc. It suggests that she had regular contacts with an East German diplomat and raises questions about whether she was spying for the feared Stasi. Papers written in Czech by an STB agent and dated October 16, 1986, a year after she moved to Prague, suggest that she had passed on information from her father, a former prison officer, about an unnamed military installation in the West Country.
It states: ‘Meeting took place in a public place ... The source gave information relating to a newly built military arms factory in South-West England near Taunton.’


Les preuves de la trahison. Les archives de la STB, les services ssecrets tchèques, contiennent des rapports rédigés par Cynthia Roberts sur David Mellor, à l'époque ministre des Affaires étrangères britannique.

The files say the information came from her father, who told Roberts he had ‘noticed the new building and the sign "MoD Property" ... He found out from his Labour MP that the MoD bought the land for a plant to manufacture components for warheads and navigation equipment’.
The files claim that Roberts was then used to target various Western officials to try to obtain useful information from them or to identify ways they might be recruited by the KGB.
Among those she targeted were a senior Nato official she met at a Czech trade fair, a businessman from a computer firm based in Windsor and a female British diplomat from the Prague embassy.
Roberts was also used to help build up a picture of British politicians who were visiting the former Czechoslovakia. A file note dated May 19, 1988, says: ‘The source was asked to report on David Mellor, a Minister of State in the Foreign Ministry in relation to his expected visit to Czechoslovakia.’
Roberts' report is written in English. Neighbours in the cramped block close to Prague’s ring-road claim that she and her husband Denis, now 85, have struggled to master the language since their arrival.
Their son Christopher, 38, is said to have returned to Britain, while their daughter Mary, who studied to be a doctor after their move to Prague, is believed to have died last year.
The Mellor report says: ‘He will try, without mentioning a word, to find out any possible way he can of damaging our political and business interests in the Middle East, particularly with Libya and Syria...
‘Dangers also apply to our relationship with Ethiopia. Within two weeks of being first elected to Westminster in 1979, MELLOR was out in Iran advising the Shah how to deal with insurgency both in terms of strategy and weapons.
'Within the last two years he has “given” the Colombian government six British helicopters to deal with their drug problem. He worked extensively with the CIA and the FBI on this issue, among who he has many contacts, as he undoubtedly would have also among the British Special Services.’
The document goes on to describe Mellor as a ‘highly sophisticated cunning politician’ and a ‘slick operator – a smooth-tongued oily character, who is undoubtedly sustained by his image of himself and his own inflated sense of self-importance. His danger is that he is cunning and calculating.
‘He probably drinks brandy at the end of dinner – most Tory MPs do, it’s considered the “done thing” at Westminster. Many a slip of the tongue has been made after several brandies.’
Mellor was later forced to resign from the Government after his high-profile affair with Antonia de Sancha was revealed in 1992. In her report, written four years earlier, Roberts wrote that she was not aware ‘whether he has any weakness for women or not’.
She added: ‘The only place Mellor will speak the truth is when he is in the “safe” room of the British Embassy. The rest of the time ... he will be speaking to an audience [the bugs]
‘I would regard this man, without any hesitation whatsoever, as a most deadly enemy of the Czechoslovak people and their Government.’
Last night David Mellor said he remembered his trip to Czechoslovakia very well as it had hinged on him being allowed to meet the dissident playwright Vaclav Havel, who later became the Czech president.
Of the report on him, he said:

‘I think it shows up the futility of the whole old Eastern European system and the pointless intelligence gathering they engaged in.
‘But the far more important question is how this woman was able to mix with senior figures in the Labour Party, to secure a House of Commons pass and to come close to becoming an MP when she was within an ace of defecting to the Eastern Bloc. It says an awful lot about the Labour Party.’

Gavin Strang said:

‘I remember Cynthia because she was around for a few years at that time with Labour Action for Peace. The one thing I remember is that she struck me as ultra-sympathetic towards the Soviet Union – excessively so at that time.
‘Obviously at that time there was concern about the build-up of medium and short-range nuclear weapons by both the US and Russia. But her excessive sympathy for the Soviet Union was very noticeable and certainly something I remember.
‘But her behaviour was not something I was worried about enough to report or make anyone aware of. Everybody is entitled to their own views and opinions.’

Tony Benn, who is listed as a member of the LAP in the group’s annual report for 1985-1986, said:

‘I do not recall meeting Cynthia Roberts and there is no reference to her in my diary, which I have checked. I became chairman of Labour Action for Peace in the Nineties.’

Dennis Skinner, who is named in LAP documents of the same year as a member of the LAP’s executive committee, said:

Don’t know the woman, never heard of her, don’t know what you’re on about. You’d best try Tony Benn.’

Current LAP president Jeremy Corbyn MP said: ‘I don’t know Cynthia Roberts at all. Of course I’m surprised. I didn’t know her and this was long before I was involved in the organisation. I’m not going to be able to comment on people like Cynthia Roberts. The issue of the Cold War is one that has long passed.’
A spokesman for the Czech Embassy in London said: ‘We are not aware of the details of this particular case. The Czech Embassy is not in a position to comment.’
A Czech government source added: ‘This sort of espionage relates to the previous communist regime. It is a thing of the past and not something our country would engage in now.’